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Marcel SEMBAT

(1862 - 1922)

Informations générales
  • Né le 19/10/1862 à BONNIÈRES-SUR-SEINE (YVELINES - FRANCE)
  • Décédé le 05/09/1922 à CHAMONIX (HAUTE-SAVOIE - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 03/09/1893 - 31/05/1898 : Seine

    22/05/1898 - 31/05/1902 : Seine

    27/04/1902 - 31/05/1906 : Seine

    06/05/1906 - 31/05/1910 : Seine - Socialistes unifiés

    24/04/1910 - 31/05/1914 : Seine - Parti socialiste

    26/04/1914 - 07/12/1919 : Seine - Parti socialiste

    16/11/1919 - 05/09/1922 : Seine - Parti socialiste

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 19 octobre 1862 à Bannières (Seine-et-Oise), mort le 5 septembre 1922 à Chamonix (Haute-Savoie).

    Député de la Seine de 1893 à 1922.

    Ministre des Travaux publics du 26 août 1914 au 12 décembre 1916.

    Marcel Sembat est né à Bonnières, en Seine-et-Oise, le 19 octobre 1862. Son père, Adolphe Sembat, était « directeur de la poste aux lettres ». Il commença ses études à Mantes, les poursuivit au Collège Stanislas à Paris, puis conquit le grade de docteur en droit. Inscrit au barreau, il n'y resta point, le journalisme l'attirait. Il débuta comme chroniqueur judiciaire de la République française, fut un des fondateurs de la Revue de l'évolution. À 22 ans, il orienta avec ses amis Turot et Pellier la Petite République fondée par Gambetta qui, d'évolutionniste, devint socialiste. Il la dirigea de 1890 à 1897, en fit l'un des principaux organes du parti socialiste, en y sacrifiant sa fortune personnelle. Il collabora également à la Revue socialiste, à la Revue de l'enseignement primaire, aux Documents du Progrès, à la Lanterne, au Petit sou, à Paris-Journal. Il fut ensuite un des leaders de l'Humanité.

    Polémiste incisif et ironique, il s'affirma comme orateur au Parlement où les électeurs du XVIIIe arrondissement l'envoyèrent siéger en 1893, l'ayant élu au deuxième tour par 2.632 voix sur 6.349, contre 1.369 à Lamquet, son principal concurrent.

    En 1898, il obtint au second tour 5.208 voix sur 7.795, contre 1.568 à Le Vasseur.

    En 1902, il est réélu par 5.999 voix sur 11.904, contre 4.374 à Delsol.

    En 1906, il remporte aisément la victoire sur Lambert par 8.364 voix contre 4.622 sur 13.262 suffrages exprimés.

    En 1910, il distance davantage encore son premier rival, Falot, par 7.549 voix contre 3.423 sur 13.351.

    En 1914, il obtient 6.823 voix sur 13.612 contre 3.946 à Richard.

    Enfin, en 1919, il est réélu au scrutin de liste avec représentation proportionnelle avec 60.115 voix.

    Il fut à la Chambre des députés un des leaders les plus écoutés, même par ses adversaires, qui appréciaient sa rude franchise, car même dans les débats les plus passionnés, ils étaient sensibles à l'attrait de sa culture et à son élégante courtoisie. De taille moyenne, toujours en jaquette noire et cravate blanche, le buste long sur des jambes courtes, front large, cheveux drus taillés en brosse, barbe et moustaches fournies, il eût donné l'impression d'un intellectuel sévère, sans le pétillement du regard que le lorgnon ne cachait point.

    Il suivit de près les projets de lois intéressant les P.T.T. dont il rapporte les budgets à partir de 1902. Fils de postier, il fait plus que réclamer l'ouverture d'un bureau de poste dans sa circonscription des Grandes Carrières ; il donne un avis sur la convention passée entre l'Etat et la compagnie française des câbles télégraphiques, est le rapporteur de différents projets de lois sur les taxes postales, l'acheminement postal des journaux, périodiques et imprimés non périodiques, sur la construction d'hôtels des postes, sur l'établissement de tableaux téléphoniques multiples, sur l'installation du câble sous-marin Brest-Dakar, sur la construction de wagons-poste, la mécanisation des ateliers de timbres-poste, etc..

    Parallèlement, il prend position dans les débats concernant la condition ouvrière. Il dépose une proposition de loi portant modification de la loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels « semée de chausse-trappes et de traquenards pour la classe ouvrière ». Il se montre partisan fervent du syndicat « organe social par excellence » : « C'est en lui que nous avons confiance pour éclairer les ouvriers, pour leur montrer où sont leurs intérêts, quels sont leurs éternels adversaires... Nous considérons les syndicats ouvriers comme un élément de cette société future sur laquelle vous aimez tant à nous demander des renseignements... C'est pour l'avenir l'instrument de l'exploitation et de la production ». Aussi, réclame-t-il que soient levées les restrictions introduites par la loi à l'adhésion syndicale. Pour protéger les syndicats, il dépose des amendements au projet de loi tendant à réprimer les menées anarchistes ; il veut que soient punis les agents provocateurs, que les accusés soient mieux protégés, et que le condamné puisse choisir plutôt le bannissement que la relégation. Ce faisant, il cherche à défendre les socialistes qui pourraient être arbitrairement taxés d'anarchisme. « Mais qu'est-ce qu'une lutte politique dans laquelle on ne s'attendrait pas au mensonge et à l'arbitraire du pouvoir contre lequel on marche ? ». Au cours de la discussion du budget de 1895, il demande la suppression de l'emploi de phosphore blanc dans les ateliers d'allumettes. Il interpelle le gouvernement sur son attitude au cours de plusieurs grèves, réclame des augmentations de salaires pour certaines catégories de travailleurs, dénonce la mauvaise application de la loi sur les bureaux de placement, défend l'office national ouvrier de statistiques et de placement, etc..

    De plus, il s'intéresse vivement aux beaux-arts, domaine dans lequel il acquiert une compétence particulière. Il avait épousé, le 27 février 1897, Georgette Agutte, qui était à la fois peintre et sculpteur. Elève de Gustave Moreau, comme Henri Matisse (auquel son mari consacra un petit ouvrage), et Georges Rouault, qui sont de sa génération, elle a non seulement figuré avec honneur parmi les artistes non conformistes de son temps, mais encore soutenu avec éclat l'école dite des Fauves dont elle se réclamait. Marcel Sembat, de son côté, s'efforce de favoriser les activités artistiques, leur enseignement et leur propagation. Il demande notamment la création de musées du soir. Il propose d'organiser une loterie au bénéfice de la société du théâtre populaire, d'isoler les crédits destinés aux bourses de voyage littéraire, d'affecter à l'art musical les crédits réservés aux maîtrises et écoles de plain-chant, tout en subventionnant le chant choral, d'accueillir au Grand Palais le salon des artistes indépendants, etc..

    Il s'attache aussi aux problèmes posés par le fonctionnement de la justice en France. Par exemple, il propose de créer au-dessus des cours d'assises départementales un jury national élu qui connaîtrait de tous les crimes et délits contre la fortune publique commis par les titulaires de mandats électifs politiques et les fonctionnaires. Il s'inquiète de l'ingérence abusive du parquet dans les instructions.

    Mais ses interventions en politique étrangère sont particulièrement nombreuses et remarquées. Hostile à l'augmentation des dépenses militaires, il cherche à convaincre ses collègues « d'organiser non une flotte d'attaque, mais exclusivement une flotte de défense ». Il s'émeut de la présence des troupes françaises en Chine, car cette guerre n'a pas été autorisée par le Parlement et est pour lui une quête de travailleurs à vil prix. Il s'élève contre des missionnaires « qui, insolemment, en plein pays chinois, affichent cette prétention d'apporter à des gens qui n'en veulent pas une religion nouvelle ». De même, il prend la défense des Algériens contre les colons français. En 1903, il interpelle à nouveau le gouvernement sur sa politique extérieure : « Il ne suffit pas d'avoir une politique de paix, il faut que ce soit une politique activement pacifique ; il faut que ce grand idéal de paix anime ceux qui le défendent d'autant d'énergie et d'ardeur que la politique de conquête et d'ambition peut en inspirer à d'autres. » Et ceci bien qu'il ne semble pas se faire d'illusions sur les chances de paix dans une société capitaliste.

    En 1913, il publie un pamphlet : « Faites un roi, sinon faites la paix » où il soutient que le patriotisme belliqueux ne peut convenir à un républicain, à plus forte raison à un socialiste.

    Au début de cette guerre, dont il avait tant désiré au moins retarder l'échéance, il fut appelé au gouvernement par Viviani au moment où celui-ci élargit son cabinet pour en faire un ministère de défense nationale. Il y retrouva son collègue Ribot, dont il avait contribué à renverser le ministère peu de temps auparavant. Il fut chargé du portefeuille des travaux publics, qu'il garda dans le premier ministère Briand. Léon Blum fut son chef de cabinet. Il quitta le gouvernement en décembre 1916, et reprit son siège de député. Mais, entre le Sembat d'avant 1914 et le Sembat d'après 1918, il y avait un abîme : la guerre. « Pour tous ceux qui l'ont connu, écrivit à sa mort un journaliste du Temps, il ne fut plus le même homme. Sa personnalité s'était comme estompée, comme amenuisée. Il était une sorte d'ombre errante autour de lui-même. Il se cherchait et ne se trouvait plus. La nouvelle chambre le connaissait à peine. Il parla peu devant elle ».

    À la déconvenue de la guerre, vint s'ajouter la déception de Tours. En 1897, il avait adhéré au comité révolutionnaire central de Vaillant, devenu en 1898 le parti socialiste révolutionnaire. Puis il entra à la S.F.I.O. avec son organisation. Il s'appliqua alors à établir entre les diverses fractions de ce parti une entente sur le terrain électoral. Lui qui avait tant contribué à l'unité socialiste de 1905, fut inconsolable de cette rupture.

    Il se rangea avec les éléments les plus modérés, s'étant toujours prononcé pour les méthodes démocratiques et parlementaires.

    Il mourut brusquement à Chamonix, le 5 septembre 1922, emporté en deux heures par une hémorragie cérébrale.


Fonds d'archives

  • Un fonds d’archives Sembat-Agutte est conservé aux Archives nationales sous la cote 637 AP. Il couvre les XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Les articles 637 AP 1 à 188 concernent tout particulièrement Marcel Sembat. Ce fonds a été déposé entre 2003 et 2006 et représente 30,5 mètres linéaires. Il est décrit dans un état sommaire. L'accès aux documents s’effectue sur autorisation, sauf pour les cotes 637 AP 49 à 102 pour lesquelles il n'existe aucune restriction juridique. De plus amples renseignements se trouvent sur le site Internet des Archives nationales .

    Par ailleurs, deux ensembles issus du fonds Sembat sont conservés à l’ Office universitaire de recherche socialiste (OURS). Le fonds Marcel Sembat, coté 33 APO, comprend notamment le journal manuscrit de Sembat : « Carnets jaunes » (1884-1892) et « Cahiers noirs » (1897-1922). Le fonds André Varagnac coté 70 APO, exécuteur testamentaire de Marcel Sembat, contient des manuscrits, de la correspondance ainsi que des photographies. De plus amples renseignements se trouvent sur le site Internet de l’ OURS .

Professions de foi - élections législatives de 1914

Tableau des élections législatives de 1914

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