Defense et usage
Question de :
M. Gaillard Claude
- UDF
M. Claude Gaillard appelle l'attention de M. le ministre de la culture et de la francophonie sur l'inquietude de certains scientifiques quant a un futur projet de loi sur l'utilisation de la langue francaise en France par des personnes physiques ou morales de droit francais. Une attitude trop restrictive risque en effet d'avoir des consequences sur l'organisation de colloques scientifiques sur notre sol. La competition entre les lieux d'accueil de ces colloques est particulierement vive et ce, entre toutes sortes de pays. Les conditions de travail et d'accueil sont notamment determinantes et une contrainte linguistique (le francais etant alors obligatoirement la langue de travail principale) serait assurement un handicap dans certains cas. La souplesse doit au contraire primer ; on ne peut changer le fait que, dans bien des domaines, la langue commune aux chercheurs, lesquels peuvent venir de dizaines de pays differents, est l'anglais (par exemple pour l'informatique). D'aucuns suggerent qu'une promotion internationale de notre langue, qui preserverait sa qualite (ce qui n'est pas le cas pour l'anglais), serait davantage realisee en favorisant l'edition scientifique en francais, jusqu'ici plutot onereuse et n'etant pas dotee des memes capacites de diffusion que ses concurrentes etrangeres. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer quels moyens pourraient etre prevus afin de repondre a l'inquietude et au souhait qu'il vient d'exprimer.
Réponse publiée le 20 décembre 1993
Le ministre de la culture et de la francophonie remercie l'honorable parlementaire de sa question et d'avoir exprime des preoccupations qu'il partage. Il est evident que l'avenir du francais scientifique passe par une politique determinee dans des domaines tres differents : l'evaluation des chercheurs, la qualite des publications, leur viabilite economique, les industries de la langue, la diffusion de la pensee francaise. Cette politique est indispensable non seulement parce que la langue francaise est notre bien commun mais aussi parce qu'il y va de l'interet de la science et des chercheurs francais et francophones. L'experience quotidienne de nombreux chercheurs leur prouve que la langue anglaise n'est pas seulement un outil innocent a leur disposition mais dans bien des cas un instrument de marginalisation des chercheurs non francophones meme s'il s'expriment en anglais. Il convient donc de ne pas etre naif. Il faut a l'inverse eviter de mener des combats qui ne sont pas justifies. Les ministres de la culture et de la francophonie partagent les preoccupations, que rapporte l'honorable parlementaire, des scientifiques, dont les inquietudes par rapport au texte exact de l'avant-projet de loi ne sont au demeurant nullement fondees. Il ne peut etre contraire aux interets de la science de prendre des dispositions pour que cessent des situations dans lesquelles par exemple des organisateurs de colloque francais reunissant 90 p. 100 de Francais en France distribuent un programme de colloque dans lequel il est stipule qu'« aucune communication en francais ne sera toleree » comme cela s'est vu.
Auteur : M. Gaillard Claude
Type de question : Question écrite
Rubrique : Langue francaise
Ministère interrogé : culture et francophonie
Ministère répondant : culture et francophonie
Dates :
Question publiée le 22 novembre 1993
Réponse publiée le 20 décembre 1993