Question écrite n° 8288 :
Collectivites locales : caisses

10e Législature

Question de : M. Leccia Bernard
- RPR

M. Bernard Leccia apelle l'attention de Mme le ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la sante et de la ville, sur l'aggravation recente et excessive des charges de la CNRACL (caisse nationale de retraites des agents des collectivites locales) qui resulte de la participation depuis plusieurs annees au financement d'autres regimes de retraites, deficitaires en raison de leurs structures demographiques et sur les incidences previsibles, tant sur les budgets locaux que sur ceux des hopitaux. En effet, regime special de securite sociale, la CNRACL assure selon le principe de la repartition, la couverture du risque vieillesse et invalidite de plus de 1,5 million de fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. Outre sa contribution a la compensation generalisee entre regimes de base obligatoires, elle est egalement soumise a la surcompensation ou compensation specifique entre regimes speciaux d'assurance vieillesse. Les prelevements operes au titre de ce dernier mecanisme ont ete augmentes de facon considerable : de 22 p. 100 jusqu'en 1991, le taux de recouvrement de la surcompensation est en effet passe a 30 p. 100 en 1992 et 38 p. 100 pour l'annee 1993. Desormais, si l'on additionne l'ensemble des transferts au titre de la compensation et de la surcompensation, c'est un total de 16,5 milliards de francs qui sera verse en 1993, soit plus de 51 p. 100 du montant des pensions servies aux retraites du regime. Cette somme atteindrait 17 milliards de francs en 1994 si le taux de surcompensation devait etre reconduit. Il en resultera un deficit de pres de 6,3 milliards de francs pour 1994 et en raison de la disparition de ses reserves, une augmentation des cotisations a la charge des employeurs sera inevitable. Ses effets se feront necessairement sentir sur les budgets des hopitaux et donc sur la part a la charge de la securite sociale. Conjuguee a la stagnation annoncee des concours de l'Etat, notamment de la DGF, elle se traduira egalement par une augmentation de la fiscalite des collectivites locales. Il lui demande s'il ne lui semble pas inevitable de proceder a un reexamen des modalites d'application de la surcompensation instauree par la loi no 85-1403 du 30 decembre 1985, afin de retrouver les voies d'une veritable solidarite nationale et de resoudre ainsi les difficultes financieres des regimes a structure demographique defavorable.

Réponse publiée le 7 février 1994

Les mecanismes de surcompensation visent a introduire une solidarite specifique entre les regimes speciaux de retraite de salaries qui, dans leur majorite, sont garantis par l'Etat. Il s'agit de reduire l'effet des desequilibres demographiques constates au sein de regimes qui ont en commun de servir des prestations dont les regles de calcul sont homogenes et dont les montants sont en moyenne plus eleves que ceux des pensions de retraite servies par le regime general de securite sociale, en contrepartie, il est vrai, d'un effort contributif plus important des salaries et des employeurs. Il est donc normal que la charge de la solidarite envers les regimes speciaux les plus affectes par la degradation du rapport demographique ne soit pas integralement reportee sur l'ensemble des regimes de securite sociale mais incombe plus particulierement aux regimes speciaux connaissant les situations les plus favorables, et notamment le regime des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers gere par la CNRACL. Le taux retenu pour cette compensation specifique sera en 1994 identique a celui applique en 1993. S'agissant de la CNRACL, les reserves importantes dont elles disposent lui permettront en 1994 de faire face a ses charges de surcompensation sans qu'il soit besoin de relever les cotisations. Le Gouvernement evaluera attentivement les consequences de ces transferts avant de decider des suites qui seront donnees a partir de 1995.

Données clés

Auteur : M. Leccia Bernard

Type de question : Question écrite

Rubrique : Retraites : regimes autonomes et speciaux

Ministère interrogé : affaires sociales, santé et ville

Ministère répondant : affaires sociales, santé et ville

Dates :
Question publiée le 22 novembre 1993
Réponse publiée le 7 février 1994

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