Participation patronale
Question de :
M. Merville Denis
- RPR
M. Denis Merville appelle l'attention de M. le ministre du logement sur la situation du logement social en France. Il lui rappelle que de nombreuses familles francaises, mais aussi de nombreux jeunes Francais isoles, connaissent de graves difficultes de logement. Les raisons de cette penurie sont certes conjoncturelles (crise economique) mais sont aussi structurelles : l'etranglement progressif du logement social par le retrecissement regulier de ses bases de financement. En effet, les organismes collecteurs du 1 p. 100 logement (CIL) ont vu le taux de 1 p. 100 de 1953 s'amenuiser par palier pour atteindre 0,9 p.100 en 1978, puis 0,77 p. 100 en 1986, 0,65 p. 100 en 1989 et enfin 0,55 p. 100 en 1991, pour finir a 0,45 p. 100 en 1992. Il est a craindre que cet etranglement progressif soit encore aggrave par les nombreuses fermetures d'entreprises en difficulte, lesquelles ont pour consequence de reduire d'autant le montant des fonds collectes par les CIL. Dans la mesure ou les CIL fournissent l'appoint determinant pour le montage financier de la plupart des operations immobilieres des particuliers, mais surtout des organismes HLM, leur etranglement financier progressif freine considerablement la construction des logements sociaux. A cela s'ajoute la reglementation qui handicape le dynamisme des organismes HLM, qui sont dans la necessite, pour survivre, de privilegier la gestion de l'existant a la construction de logements sociaux neufs. Ainsi, une partie seulement des PLA accordes par l'Etat en 1992 a ete utilisee. L'augmentation de leur nombre en 1993 et en 1994 conduira a l'augmentation du nombre de PLA non utilises et non a celui de la construction. C'est pourquoi il lui demande s'il envisage, d'une part, de perenniser la contribution des entreprises au logement au niveau de 0,50 p. 100 afin d'asseoir la gestion des CIL et des HLM et, d'autre part, d'assurer le respect de la subsidiarite des CIL et des HLM par rapport a l'Etat en dereglementant partiellement le logement social. Ainsi les CIL et les HLM pourront retrouver les moyens de construire a nouveau du neuf de qualite dans les villes et les zones qui en ont besoin en priorite et non plus uniquement en fonction de criteres financiers devenus prioritaires.
Réponse publiée le 14 mars 1994
Obligatoire depuis 1953 pour les entreprises privees non agricoles de 10 salaries et plus, la participation des entreprises a l'effort de construction (PEEC) a vu son taux progressivement reduit, passant de 1 p. 100 a l'origine a 0,45 p. 100 en 1992. Toutefois, la baisse du taux de collecte a pu etre compensee par l'augmentation des retours sur prets consentis anterieurement. Ainsi, les ressources stables dont disposaient les organismes collecteurs se sont maintenues a un niveau garantissant a la PEEC une place essentielle dans le financement du logement dans le secteur locatif, comme dans celui de l'accession. Le Gouvernement est conscient de la place essentielle du 1 p. 100 logement dans l'ensemble du financement de ce secteur. Il n'est donc pas envisage de reduire a nouveau le taux de collecte du 1 p. 100 logement. Quant a la reglementation des financements aides par l'Etat, elle a pour but de veiller a ce que l'investissement des fonds publics permette effectivement d'atteindre les objectifs recherches, notamment en terme de niveau des loyers et de qualite des constructions. Une simplification des regles est, toutefois, a l'etude en matiere de prix de reference pour le cout des operations et de surface corrigee par rapport a laquelle les loyers sont plafonnes. Malgre l'augmentation du nombre de PLA, arrive a son niveau historiquement le plus eleve apres le collectif du printemps 1993, la mobilisation des organismes HLM et des services de l'Etat a permis de consommer integralement les credits destines a la construction ou a l'acquisition-amelioration de logements HLM : 86 000 logements ont ete ainsi finances en 1993 contre 77 000 en 1992.
Auteur : M. Merville Denis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Logement : aides et prets
Ministère interrogé : logement
Ministère répondant : logement
Dates :
Question publiée le 22 novembre 1993
Réponse publiée le 14 mars 1994