Politique et reglementation
Question de :
M. Le Vern Alain
- SOC
M. Alain Le Vern attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'interieur et de l'amenagement du territoire, sur les agissements de certaines associations regies selon la loi de 1901. En effet, recemment, le Senat du land de Hambourg vient de retirer le droit d'association a la secte contreversee de la scientologie. Le chef de la chancellerie de Hambourg a explique cette decision du Gouvernement du land par le fait que, contrairement a ses statuts, l'eglise enregistree comme association est seulement orientee vers la realisation de profits. Le Senat du land a estime ne plus pouvoir accorder a « l'eglise de scientologie » les avantages donnes aux associations, mais au contraire la traiter comme toutes les entreprises commerciales. En France, depuis 1959, cette organisation s'est fixee comme objectif de « clarifier la planete » a partir d'activites particulierement lucratives dans le cadre de seances de purification, de cours de communication, ou de formation. Grace a la loi sur la formation professionnelle qui impose aux entreprises de cotiser pour la participation de leur personnel a des stages de formation, ces associations coercitives obtiennent des debouches inesperes. A Paris, l'eglise de scientologie recoit des cadres superieurs de grandes entreprises place Rio-de-Janeiro, ou se trouve le siege des associations « 8C », « Obnose », et « Leader's », ou curieusement les methodes d'enseignement sont inspirees par les ouvrages de Ron Hubbard. En consequence, il lui demande quelles mesures il compte prendre pour faire respecter la legislation francaise en vigueur concernant les associations.
Réponse publiée le 28 février 1994
Les activites des associations pseudo-religieuses sont suivies avec une particuliere attention par les services de mon departement ainsi que, a sa demande, et selon le probleme pose, par les autres departements ministeriels. En premier lieu, l'administration veille a ce que de telles associations ne beneficient pas de l'article 19 de la loi du 9 juillet 1905 concernant la separation des Eglises et de l'Etat qui permet aux associations ayant exclusivement pour objet l'exercice d'un culte de recevoir des dons et legs et divers avantages fiscaux. Elle ne leur a jamais non plus accorde la reconnaissance legale comme congregation religieuse, prevue par l'article 13 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association, statut qui entraine des avantages analogues a ceux consentis aux associations reconnues d'utilite publique. En second lieu, l'administration veille a ce que ces groupements, sous couvert de la liberte d'association, n'attentent pas aux libertes individuelles et denonce a cet effet tous agissements imputables a des dirigeants ou a des adeptes qui lui paraissent reprehensibles : au regard des dispositions penales de caractere general (sequestration de personnes, detournement de mineurs, outrage aux bonnes moeurs, escroquerie et abus de confiance, publicite mensongere, colportage et quete sur la voie publique, provocation a la discrimination raciale) ; au regard des legislations ou reglementations plus specifiques (fiscalite, controle des changes, droit des societes, droit du travail, legislation sociale, commerce, enseignement, securite des etablissements recevant du public). L'efficacite reelle de ces mesures ne peut cependant empecher que nombre de poursuites n'aboutissent pas, tant en raison des difficultes que pose la reunion des elements de preuve que des moyens dont disposent les sectes qui leur permettent de tirer profit de tous les artifices de procedure, tels la dissolution spontanee et la reconstitution sous une nouvelle appellation. S'agissant de la creation d'une incrimination specifique telle que le « viol des consciences », cette possibilite a ete ecartee jusqu'a present en raison des dangers qu'elle ferait peser sur la liberte d'opinion. De plus, les adeptes des sectes sont tres generalement des adultes libres de tout lien de subordination a l'egard de leur entourage.
Auteur : M. Le Vern Alain
Type de question : Question écrite
Rubrique : Associations
Ministère interrogé : intérieur et aménagement du territoire
Ministère répondant : intérieur et aménagement du territoire
Dates :
Question publiée le 29 novembre 1993
Réponse publiée le 28 février 1994