Question écrite n° 8641 :
Taxe sur le produit des exploitations forestieres

10e Législature

Question de : M. de Gastines Henri
- RPR

M. Henri de Gastines attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur la situation extremement difficile des commercants en bois et des scieurs de ce produit, ainsi d'ailleurs que de tous les acteurs de la « filiere bois ». L'origine des difficultes auxquelles ces professions sont confrontees et multiple et provient notamment, et meme pour l'essentiel, une fois de plus, d'importations a bas prix de produits venant de pays a main-d'oeuvre tres bon marche et avec un niveau de charges sociales qui est sans comparaison avec celui de notre pays. A titre d'exemple, un fabricant de manches d'outils, qui employait soixante-dix personnes, a du fermer son etablissement du fait d'une importation en provenance de la Chine populaire, ou le cout de la journee de travail est trente fois moindre qu'en France. Pour tenir compte de cette situation dramatique, le Gouvernement a accepte de suspendre jusqu'a la fin de l'annee le paiement de la taxe BAPSA sur les produits forestiers. Il est evident que si la decision d'exigibilite en fin d'annee devait etre maintenue, il en resulterait de nombreux arrets d'activite pour des etablissements dont la tresorerie est incapable de faire face a ce debours significatif. C'est pourquoi il lui demande si, au vu de cette analyse, il envisage la suppression de cette taxe et renonce a exiger l'encaissement du mois de decembre 1993.

Réponse publiée le 14 février 1994

Comme le souligne l'honorable parlementaire, les acteurs de la filiere foret-bois traversent depuis plus d'un an une situation extremement difficile. Celle-ci est due tant a la faiblesse de la demande, notamment dans le secteur du batiment, qu'aux devaluations competitives des pays nordiques et aux importations des pays de l'Est. C'est pourquoi le Gouvernement a pris des le mois de mai 1993 un ensemble de mesures afin d'alleger la tresorerie des entreprises d'exploitation forestiere et de premiere transformation de bois d'oeuvre. Ainsi, le Parlement, lors de la session de printemps 1993, a vote une dotation exceptionnelle de 30 MF, destinee aux scieurs et aux exploitants forestiers dont la situation financiere s'etait degradee. Plus de 600 entreprises au total ont pu beneficier de cette aide conjoncturelle. En outre, la taxe BAPSA sur les produits forestiers a fait l'objet d'un examen approfondi. Des le mois de mai 1993, a la demande des milieux economiques interesses, un report de paiement a la fin de l'exercice budgetaire a ete decide. D'autre part, lors de la discussion de la loi de finances pour 1994, la suppression definitive de cette taxe a ete votee par le Parlement. Il en resulte pour l'annee 1993 un allegement de charges de 80 MF en faveur des entreprises assujetties. En annee pleine, c'est-a-dire a partir de l'exercice 1994, le montant de cette taxe est estime a 117 MF. En definitive l'abrogation de la taxe BAPSA qui constituait depuis plusieurs annees une revendication prioritaire des entreprises de la filiere bois a ete decidee et mise en oeuvre par les pouvoirs publics en quelques mois, afin de restaurer la competitivite de ce secteur.

Données clés

Auteur : M. de Gastines Henri

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impots et taxes

Ministère interrogé : agriculture et pêche

Ministère répondant : agriculture et pêche

Dates :
Question publiée le 6 décembre 1993
Réponse publiée le 14 février 1994

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