Relations commerciales
Question de :
M. Gascher Pierre
- RL
M. Pierre Gascher appelle l'attention de M. le ministre des affaires etrangeres sur les conditions de transfert des technologies dites sensibles au niveau international. Au moment ou certains pays ne cachent pas leur intention d'obtenir la bombe atomique, ou l'Irak continue de refuser a ouvrir ses centres de recherche aux missions de controle de l'ONU et ou la guerre du Golfe a mis en lumiere le role de groupes industriels europeens dans la qualite d'armement de l'Irak, il parait necessaire de savoir comment la France va envisager le controle des flux de technologies vers les pays appartenant a des zones en etat de guerre, ou dont la stabilite politique n'est pas encore acquise. La conference reunie a la Haye et regroupant les pays du COCOM souhaite redefinir sa nature et sa composition. Il souhaiterait connaitre la position de la France concernant la liste des pays representant une menace ; les USA sont favorables a dresser une liste nominative et publique de pays a qui tout transfert de technologies sensibles serait prohibe. D'autre part, il lui demande si la presence de la Russie et de la Chine a cette nouvelle conference est reellement souhaitable sachant que le premier de ces deux pays est en proie a des troubles serieux et que personne n'est capable de prevoir la date ou il disposera d'un Etat stable et que le second constitue le dernier bastion d'un regime qui n'a toujours pas manifeste le desir de s'associer au nouvel ordre politique mondial.
Réponse publiée le 25 avril 1994
Le ministre des affaires etrangeres remercie l'honorable parlementaire d'attirer son attention sur les conditions de transfert des technologies sensibles au niveau international. La transformation des relations avec la Russie a conduit les membres du COCOM a proceder, le 31 mars 1994, a la dissolution de cet organisme de controle des transferts de technologies strategiques a double usage (c'est-a-dire a caractere civil, mais susceptibles d'applications militaires) et d'armements vers l'ex-pacte de Varsovie. La France s'est felicitee de cette decision. Elle continue d'appliquer ses propres controles nationaux en se tenant prete a echahger des informations pertinentes avec ses partenaires. Parallelement, la permanence de certains risques rend necessaire la poursuite des efforts en vue d'etablir une forme de discipline collective sur le controle des biens et technologies a double usage, appliquee erga omnes, en utilisant, comme instrument de reference, les listes de produits precedemment agreees. Le ministre des affaires etrangeres estime en effet que la sensibilite des technologies a double usage justifie la mise en place d'echanges d'informations sur les controles a l'exportation. Ceux- ci doivent, pour des raisons d'efficacite, relever d'une approche collective. Un nouvel arrangement devrait pour la France s'inspirer de la meme philosophie que les regimes de non-proliferation auxquels elle participe (le MTCR pour la technologie des missiles, le NSG pour les matieres et equipements nucleaires ou le Groupe Australien pour les produits biologiques et chimiques), afin d'organiser les moyens d'assurer une vigilance collective sur les conditions de tranferts de biens considerees comme sensibles. La France travaille, a differents niveaux, a l'elaboration en commun de criteres de reference pour les tranferts de transferts de technologies sensibles. Ces travaux se poursuivent tant avec les Etats membres de l'Union europeenne qu'entre partenaires occidentaux, auxquels devrait se joindre la Russie. Ils peuvent aboutir a des approches nationales harmonisees de vigilance, dont le resultat rende inutile l'etablissement a l'avance d'une liste commune d'Etats sous surveillance, au demeurant inopportune car susceptible d'evoluer. La question des Etats vises releve par ailleurs des embargos decides par le Conseil de securite des Nations Unies ou par les Douze, mais n'a pas sa place dans une discipline d'application generale generale fondee sur la sensibilite des biens exportes. Le ministere des affaires etrangeres rappelle qu'en toute hypothese les discussions sur la mise en place d'echanges d'information sur les controles a l'exportation, s'agissant de la discipline consacree au double usage, se poursuivent. Elles reunissent pour l'instant les anciens pays membres du COCOM et six partenaires qui cooperaient deja aux controles de l'organisme defunt. Dans le cadre des Douze, les negociations sont entrees dans la phase de negociation concrete de l'accord final. D'une maniere generale, la France s'attache a faire reconnaitre dans ces negociations les principes de decision nationale, de transparence et de responsabilite qui lui paraissent de nature a garantir l'efficacite des controles, l'equite commerciale et le respect des exigences de securite qui lui sont propres et qu'elle partage avec d'autres partenaires.
Auteur : M. Gascher Pierre
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 6 décembre 1993
Réponse publiée le 25 avril 1994