Turquie
Question de :
M. Philippe Houillon
Val-d'Oise (1re circonscription) - Union pour la démocratie française
M. Philippe Houillon attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation des enfants français, enlevés par un de leurs parents de nationalité turque et ce, au mépris d'un jugement de divorce attribuant la garde de l'enfant à la mère de nationalité française. En l'absence de convention liant la France à la Turquie en matière de protection des mineurs, chaque année des enfants sont enlevés par l'un des parents sans aucun espoir de retour sur le sol français. En l'absence d'accord de réciprocité l'exequatur du jugement français aboutit la plupart du temps, à faire rejuger l'affaire au fond dans un sens défavorable à la mère française. En conséquence, il demande si des accords seraient envisageables pour au minimum accorder au parent lésé, un droit d'hébergement sur le sol de sa résidence habituelle avec l'obligation, pour l'autre parent, de participer aux frais de voyage de l'enfant.
Réponse publiée le 4 mai 1998
L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation des enfants français actuellement retenus en Turquie parce que l'un des parents, de nationalité turque, s'est réfugié dans ce pays afin d'éviter le plus souvent l'application des lois françaises. Il est exact que l'absence de convention en matière de coopération judiciaire entre la France et la Turquie, en privant les parents français du moyen de faire reconnaître leurs droits devant les juridictions locales, pénalise fortement nos ressortissants victimes d'un enlèvement d'enfant. La France demande depuis plusieurs années la signature d'une convention de coopération judiciaire en matière civile et commerciale, mais l'attitude de la Turquie jusqu'à ce jour n'a jamais permis de faire aboutir ce projet, interrompu du fait de ce pays à plusieurs reprises. Le ministère turc des affaires étrangères, sollicité régulièrement par notre ambassade à Ankara, vient de faire savoir qu'il est disposé à reprendre les négociations et que la partie turque envisage une réunion à ce sujet en avril. Il est à noter que parallèlement la Turquie a signé au mois d'octobre 1997 la convention de Luxembourg du 20 mai 1980 sur la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière de garde des enfants, et le rétablissement de la garde, ainsi que, le 21 janvier 1998, la convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants. La date de la mise en oeuvre de ces conventions par la Turquie n'est pas encore connue.
Auteur : M. Philippe Houillon
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 16 février 1998
Réponse publiée le 4 mai 1998