prestations en nature
Question de :
M. Henri Nallet
Yonne (2e circonscription) - Socialiste
M. Henri Nallet attire l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la question du financement des changes pour incontinents dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Depuis plusieurs années en effet, il s'avère que dans la plupart des départements français, les changes pour les personnes incontinentes ne sont plus financés au titre du prix de journée par les services des conseils généraux qui déduisent les sommes correspondantes au financement des changes pour incontinents du montant des dépenses autorisées. En outre, les directions départementales des affaires sanitaires et sociales refusent également de prendre en charge ce financement au titre de l'assurance maladie. Dans ce cas, les établissements se trouvent dans l'obligation de prélever les crédits nécessaires sur d'autres comptes, ce qui remet en cause leur équilibre budgétaire qui est déjà précaire. Le coût de revient annuel d'un forfait changes pour incontinents s'élève en effet à environ 3 000 francs par personne. Par ailleurs, certains établissements décident d'instaurer des forfaits changes pour incontinents en dehors de toute disposition réglementaire précise, ce qui est d'autant plus regrettable que ces forfaits sont susceptibles de varier d'un établissement à l'autre. En conséquence, il lui demande si elle envisage d'instaurer une règle claire qui permettrait aux établissements sociaux et médico-sociaux accueillant des personnes âgées de financer les dépenses de changes pour incontinents dans des conditions identiques sur l'ensemble du territoire français.
Réponse publiée le 14 septembre 1998
Le décret n° 78-478 du 29 mars 1978 relatif à la détermination forfaitaire des frais de soins dispensés dans les établissements qui assurent l'hébergement des personnes âgées n'interdit pas le financement des changes à usage unique par l'assurance maladie, dans le cadre du forfait alloué aux sections de cure médicale. Il est toutefois vrai qu'en raison de la proportion de personnes très dépendantes dans un établissement, il n'est pas toujours possible de retenir ce poste, parfois lourd, dans les dépenses autorisées. Toutefois, le coût de ce poste en institution est chiffré en moyenne à 500 F par personne incontinente et non à 3 000 F, les établissements se procurant les changes à usage unique auprès de grossistes. A l'occasion de la réforme de la tarification des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes, élaborée en application de la loi du 24 janvier 1997 instituant la PSD, il est effectivement envisagé de fixer de nouvelles règles. En effet, la tarification prendra en compte pour chaque établissement le degré de dépendance des personnes hébergées, évalué selon la grille AGGIR. Les dépenses liées à la dépendance des personnes seraient identifiées et réparties, selon une clé définie nationalement, entre les tarifs relevant des divers financeurs dont l'assurance maladie. Cette réforme fait actuellement l'objet d'une concertation.
Auteur : M. Henri Nallet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Assurance maladie maternité : prestations
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Dates :
Question publiée le 23 février 1998
Réponse publiée le 14 septembre 1998