professions libérales : montant des pensions
Question de :
M. René Couanau
Ille-et-Vilaine (7e circonscription) - Union pour la démocratie française
M. René Couanau appelle l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur l'émotion suscitée chez les médecins retraités et veuves de médecins par la publication des prévisions financières effectuée pour le régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV) qui ont conduit le président de la CARMF à évoquer l'hypothèse d'une cessation de paiement avant la fin de l'année, tout en se prononçant pour le maintien des cotisations à leur niveau actuel. Il souhaiterait savoir quelle est exactement la situation financière du régime en cause, quelles mesures seraient nécessaires pour en assurer la survie et quelles initiatives le Gouvernement envisage de prendre dans l'hypothèse où les instances dirigeantes refuseraient d'augmenter les ressources de la caisse pour assurer le financement des engagements contractés à l'égard des assurés.
Réponse publiée le 14 décembre 1998
La mise en place des régimes de prestations supplémentaires de vieillesse (ASV) a répondu à la généralisation des relations conventionnelles entre les caisses d'assurance maladie et les professionnels libéraux de la santé (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, directeurs de laboratoire et auxiliaires médicaux). Le principe originel de l'ASV, clairement compensatoire puisqu'il visait à rendre acceptables les limitations apportées aux montants des honoraires des professionnels, se retrouvait dans les caractéristiques des régimes avec des prestations et des cotisations calculées selon le même indice que les revenus des professions de santé et exprimées en multiple de la valeur conventionnelle de l'acte-type de chaque profession (lettre-clé) ; des pensions et des cotisations forfaitaires au nom d'une égalité de traitement entre les membres d'une même profession ; une participation très importante de l'assurance maladie au financement de ces régimes. L'évolution automatique de la cotisation et de la valeur de service du point en fonction de la vie conventionnelle a interdit la régulation des taux de rendement par les sections professionnelles, d'où le maintien de taux de rendement très largement supérieurs à ceux ordinairement constatés dans les régimes de retraite. C'est pourquoi, avec leur arrivée à maturité dans un contexte de dégradation des rapports démographiques, les plus anciens de ces régimes ont été rapidement confrontés à des difficultés de financement. Des mesures de sauvegarde ont ainsi dû être adoptées, notamment pour le régime des médecins avec le décret n° 94-564 du 6 juillet 1994 qui a augmenté les cotisations, diminué le nombre de points acquis par années cotisée et désindexé la valeur de service du point de retraite par rapport à l'évolution du C, en fixant son montant en francs. Mais cette première réforme reste très insuffisante, et, selon les projections de la caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF), le régime des médecins est de nouveau en risque de cessation de paiement à la fin de l'année 1999. Les pouvoirs publics ont donc engagé une réflexion d'ensemble sur l'avenir du régime ASV des médecins et plus généralement de l'ensemble des régimes ASV, guidée par la volonté d'assurer leur pérennité mais avec un souci d'équité dans la répartition des efforts entre les générations. Dans l'immdédiat, et pour l'année 1999, les cotisations seront à nouveau relevées, après concentration avec les parties intéressées. Cet effort supplémentaire demandé aux actifs devra cependant être accompagné d'un effort comparable des retraités, qui ont acquis leur points dans des conditions très avantageuses. Ce constat est valable à terme pour tous les régimes ASV.
Auteur : M. René Couanau
Type de question : Question écrite
Rubrique : Retraites : régimes autonomes et spéciaux
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Dates :
Question publiée le 9 mars 1998
Réponse publiée le 14 décembre 1998