aléas thérapeutiques
Question de :
M. Alain Rodet
Haute-Vienne (4e circonscription) - Socialiste
M. Alain Rodet attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé sur l'absence d'indemnisation pour les victimes d'aléas thérapeutiques. En effet, les victimes de traitements médicaux ou chirurgicaux sans faute avérée, dites victimes d'aléas thérapeutiques, ne peuvent actuellement prétendre à aucune aide et se trouvent parfois dans des situations dramatiques. Les handicaps sont souvent très lourds et ces personnes ou leurs familles, en dehors de l'allocation adulte handicapé, ne peuvent bénéficier d'aucune indemnisation dès lors qu'une juridiction civile ou pénale n'a pas retrouvé de faute commise par une institution hospitalière ou un praticien. En conséquence, il lui demande d'envisager la création d'un fonds d'indemnisation, où les compagnies d'assurance et les mutuelles pourraient participer, ainsi que la mise en oeuvre d'une législation qui pose les règles de la prise en charge et de l'indemnisation des victimes.
Réponse publiée le 24 novembre 1997
En ce qui concerne les accidents médicaux sans faute, les jurisprudences actuelles sont différentes selon les ordres de juridictions : la jurisprudence administrative récente (arrêt Bianchi du 9 avril 1993) reconnaît la responsabilité du service public hospitalier lorsque l'exécution d'un acte médical présente un risque reconnu mais dont la réalisation est exceptionnelle et dont aucune raison ne permet de penser que le patient y soit particulièrement exposé, et si l'exécution de cet acte est la cause directe d'un dommage d'une extrême gravité, sans rapport avec l'état initial du malade ni avec son évolution prévisible. L'indemnisation des accidents médicaux graves survenus sans faute dans les établissements privés de santé relève des tribunaux judiciaires. Dans ce domaine, les décisions rendues par les tribunaux montrent des évolutions récentes. Il en est de même pour les décisions concernant les établissements de transfusion sanguine. Le secrétaire d'Etat à la santé a demandé à ses services de mener une réflexion d'ensemble sur les problèmes de risque médical afin que des travaux puissent être engagés avec les différents départements ministériels concernés. C'est dans ce cadre que pourraient être envisagées des dispositions législatives répondant à la préoccupation de l'honorable parlementaire.
Auteur : M. Alain Rodet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : santé
Ministère répondant : santé
Dates :
Question publiée le 21 juillet 1997
Réponse publiée le 24 novembre 1997