Question écrite n° 14498 :
intérêt de retard

11e Législature

Question de : M. Gilbert Gantier
Paris (15e circonscription) - Union pour la démocratie française

M. Gilbert Gantier attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur le montant de la taxe réclamée par l'administration fiscale aux contribuables en cas de paiement tardif de leurs impôts. Il lui fait observer que cette taxe de 10 % est restée la même depuis de nombreuses années. Or, si le montant de cette pénalité se justifiait quand notre pays enregistrait une inflation avoisinant les 10 %, elle paraît aujourd'hui très élevée compte tenu des taux d'inflation actuels. En conséquence, il lui demande s'il ne conviendrait pas de réduire le montant de cette pénalité.

Réponse publiée le 23 novembre 1998

Conformément à la loi n° 87-502 du 8 juillet 1987, l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts (CGI) correspond au « prix du temps ». Il a pour objet de réparer le préjudice financier subi par le Trésor en raison du paiement tardif de l'impôt. Il s'applique à l'ensemble des retards ou insuffisances de paiement constatés, indépendamment du comportement du contribuable. Le taux de l'intérêt de retard a fait l'objet d'un large débat lors de la réforme du système des pénalités fiscales engagée sur la base des travaux de la commission AICARDI. A l'issue de ce débat, le législateur a retenu en raison de sa simplicité la formule d'un taux fixe et reconduit le taux de 0,75 % par mois édicté par l'ancien article 1734 du CGI. Plusieurs éléments plaident en faveur du maintien du taux actuel. Ce taux doit être d'un niveau suffisant pour éviter que les contribuables trouvent intérêt à gérer leur trésorerie en ne respectant pas leurs obligations fiscales plutôt qu'en sollicitant un concours bancaire. Or le taux de 0,75 % par mois, soit 9 % annuel, reste globalement comparable à ceux pratiqués par les établissements bancaires dans le cadre de financement d'opérations à court ou moyen terme ou de prêts personnels. Il importe également de retenir une méthode de calcul simple. L'adoption d'un taux variable, indexé par exemple sur celui de l'intérêt légal, dont les variations peuvent être importantes d'une année sur l'autre, entraînerait une complication extrême des calculs selon la période considérée. Une telle approche s'accommoderait mal de la volonté du Parlement et du Gouvernement de simplifier les règles d'assiette de l'impôt pour les contribuables et pour l'administration. Pour ces raisons, il n'est pas envisagé pour l'instant de réviser à la baisse le taux de l'intérêt de retard.

Données clés

Auteur : M. Gilbert Gantier

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impôts et taxes

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 18 mai 1998
Réponse publiée le 23 novembre 1998

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