Question écrite n° 17748 :
A 43

11e Législature

Question de : M. Michel Bouvard
Savoie (3e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Michel Bouvard attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, des transports et du logement sur la publication par la presse d'un rapport interne à l'administration, commandé par le Gouvernement, concernant la réalisation de l'autoroute A 43 dans la vallée de la Maurienne par la Société française du tunnel routier du Fréjus. Il rappelle que cette procédure de rapport sur la réalisation d'un grand ouvrage ou dans le cadre d'une concession d'Etat relève du fonctionnement courant de l'administration, mais que le rapport rédigé est habituellement communiqué au maître d'ouvrage ou au titulaire de la concession afin qu'il apporte ses réponses à l'administration d'Etat sur les observations et interrogations effectuées. Si tel a bien été le cas pour le rapport concernant l'autoroute de la Maurienne, ce qui a permis à la SFTRF d'apporter toutes les réponses aux observations du rapport, il semble que le document communiqué à la presse l'ait été sans les réponses de la SFTRF. De ce fait, un certain nombre d'affirmations ont figuré dans les articles de presse, qui ne sont pas fondées et qui sont de nature à porter ombrage à la réalisation de l'ouvrage et au sérieux de ses responsables. Au-delà, le rapport semble remettre en cause le parti pris des responsables de l'aménagement en faveur notamment de la réalisation d'échangeurs nombreux de nature à irriguer la vallée, d'une politique de lotissements permettant de donner une chance aux entreprises locales dans la réponse aux appels d'offres, de traitement paysager et environnemental ambitieux de nature à intégrer cet ouvrage dans le milieu sensible que constitue une vallée alpine, de prise en compte d'une politique de main-d'oeuvre favorisant l'emploi local et l'insertion à l'occasion du chantier de demandeurs d'emplois. Il souhaite donc connaître si le Gouvernement fait siennes les conclusions des rapporteurs considérant qu'il s'agit là de dépenses excessives ou si le Gouvernement considère que l'aménagement du territoire et l'insertion des grands ouvrages dans leur environnement naturel et économique a un coût qui doit être accepté et prévu dans le cadre de la réalisation. Il souhaite connaître également les mesures que le Gouvernement entend prendre pour que des rapports de l'administration ne soient pas transmis sans les réponses des concessionnaires.

Réponse publiée le 8 février 1999

Le Gouvernement a décidé de confier à une mission de contrôle le soin d'étudier la situation financière de la société française du tunnel routier du Fréjus (SFTRF) à la suite du déséquilibre important de la concession de l'autoroute de la Maurienne. La dégradation de ses perspectives financières nécessite en effet une intervention rapide au regard des échéances financières de 1998. Cette mission conjointe de l'inspection générale des finances et du conseil général des ponts et chaussées a été chargée de rechercher les raisons pour lesquelles l'équilibre de la concession n'a pas été atteint. Elle a ainsi analysé les facteurs de progression du coût de l'autoroute A 43, ainsi que l'évolution des hypothèses économiques de la concession (tarifs, trafics, etc.). La mission a également recherché les pistes de rétablissement financier de la société. Son objectif était, plus généralement, d'éclairer le Gouvernement sur les choix à opérer pour permettre le redressement des comptes de la SFTRF. Son rapport n'avait pas vocation à être publié dans la presse, pas plus que les réponses du titulaire de la concession. On ne peut donc que regretter que la presse en ait publié des extraits, alors que ce rapport ne constitue pas le seul élément de prise de décision du Gouvernement concernant le rétablissement de la situation financière de la SFTRF. Lors d'une rencontre qui s'est déroulée le 3 septembre dernier, le ministre de l'équipement, des transports et du logement a longuement évoqué, avec les administrateurs représentant les collectivités territoriales et les chambres de commerce et d'industrie, l'avenir de la SFTRF, ainsi que les moyens du redressement de la société. A la suite de ces échanges, le ministre a tenu à formaliser les engagements de l'Etat dans une lettre adressée au président Dumas et, par ce moyen, à informer pleinement les repésentants des intérêt locaux des éléments déterminants pour le redressement de la société. Le processus de redressement, se traduisant notamment et dans un premier temps par la reconstitution de la moitié du capital social, a ainsi pu être mis en place au cours de l'assemblée générale ordinaire du 4 septembre 1998, du conseil d'administration de la société du 27 octobre dernier, et de l'assemblée générale extraordinaire du 23 novembre 1998. Les collectivités territoriales ont indiqué qu'elles n'envisageaient pas de participer à cette recapitalisation. En revanche, l'établissement public Autoroute de France (ADF), qui détient des créances sur la SFTRF sous forme d'avances d'actionnaire, participe à cette recapitalisation par intégration de ces avances au capital de la société. En conséquence, la participation d'ADF au capital de la SFTRF passe de 48,9 % à près de 84 %. Il convient de rappeler que cette procédure est rendue nécessaire par la situation financière de la SFTRF. Cette recapitalisation rétablit pour un an l'équilibre des comptes de la SFTRF, les résultats négatifs de l'autoroute continuant à grever les bénéfices du tunnel. Aussi, elle devra nécessairement être suivie par d'autres mesures de nature à rétablir durablement cet équilibre. Pour tenir compte des souhaits des collectivités locales, le ministre s'est engagé à ce que les intérêts locaux conservent une place et un rôle significatifs au conseil d'administration de la SFTRF. Enfin, il est précisé que, dans ce cadre, le chantier de l'autoroute se poursuit normalement, pour une mise en service complète prévue à la mi-2000.

Données clés

Auteur : M. Michel Bouvard

Type de question : Question écrite

Rubrique : Voirie

Ministère interrogé : équipement et transports

Ministère répondant : équipement et transports

Dates :
Question publiée le 3 août 1998
Réponse publiée le 8 février 1999

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