sécurité des biens et des personnes
Question de :
M. Richard Cazenave
Isère (1re circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Richard Cazenave souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'intérieur au sujet des mesures qu'il est possible de prendre à l'encontre des individus qui, sans franchir le stade de l'agression physique, importunent des personnes sur la voie publique. Il semble en effet que les services de police n'enregistrent pas de plainte si une agression physique n'est pas constatée. De la même manière, ce problème existe pour les femmes qui sont menacées par leur ex-époux ou compagnon. C'est pourquoi il souhaiterait savoir s'il existe des dispositions législatives ou réglementaires propres à protéger les personnes victimes de tels agissements avant que leur intégrité physique ne soit atteinte. Il souhaiterait également connaître s'il est envisageable de compléter ou d'étendre la législation ou la réglementation en vigueur, et, dans l'affirmative, sur quels points.
Réponse publiée le 7 septembre 1998
Les services de police reçoivent, sans distinction aucune, toutes les plaintes pour les atteintes à l'intégrité physique ou psychique de la personne, faits prévus et punis par la loi. L'article 222-17 du nouveau code pénal, entré en vigueur en mars 1991, punit les menaces sans conditions, même lorsqu'il ne s'agit pas de menaces de mort, ce qui recouvre notamment le cas des femmes menacées par leur ex-époux ou compagnon. Sur ce dernier point, il est utile de rappeler que, pour ce qui concerne les circonstances aggravantes dues à la qualité de la victime, le nouveau code a ajouté aux mineurs, aux personnes vulnérables et aux parents, les conjoints et concubins. De même, l'incrimination des appels téléphoniques malveillants, punie d'un an de prison, a contribué à remédier à ce type de comportements importuns, notamment entre ex-époux ou compagnons. Par conséquent, sur le plan juridique stricto sensu, l'arsenal des lois en vigueur autorise une action judiciaire, même dans le cas des menaces non accompagnées de violences, Au-delà du traitement judiciaire proprement dit, il faut souligner les nombreuses initiatives locales engagées par les services de police pour assister, orienter et aider les personnes en difficulté ou, du moins, vivant des périodes de détresse liées à des infractions ou des incivilités diverses. Les actions menées s'articulent autour de trois axes principaux : l'information des usagers, le dialogue engagé avec les associations et les travailleurs sociaux ainsi que l'instauration progressive d'un partenariat dynamique avec les interlocuteurs concernés. Ainsi, diverses expériences commencent à se développer, notamment la tenue par des membres d'associations d'aide aux victimes de permanences dans les services de police.
Auteur : M. Richard Cazenave
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sécurité publique
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Dates :
Question publiée le 3 août 1998
Réponse publiée le 7 septembre 1998