conventions avec les praticiens
Question de :
M. Richard Cazenave
Isère (1re circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Richard Cazenave souhaite attirer l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité au sujet de la décision qu'elle a prise de diminuer unilatéralement la valeur de la lettre clef des actes radiographiques (lettre Z1) de 13,5 %. Il semble que cette décision ait été prise sans concertation avec les organisations professionnelles représentatives et qu'elle repose sur des justifications inexactes. Ces dernières font en effet valoir notamment que les statistiques de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés établissant l'augmentation du nombre d'actes radiologiques sont sujettes à caution puisque Mme la ministre a commandé une enquête de l'inspection des affaires sociales à ce sujet, qu'il y a des reports d'imputation en fonction des différentes spécialités et que la reprise de demande de soins s'inscrit dans un contexte de reprise économique. Elles protestent également contre cette mesure qui s'apparente à une maîtrise comptable des dépenses de santé alors qu'il conviendrait de mener une maîtrise médicalisée. Enfin, cette mesure ne concerne que les actes des radiologues et non pas ceux de tous les praticiens utilisant la lettre Z. Aujourd'hui, le contact semble rompu avec les organisations représentatives. C'est pourquoi il souhaiterait savoir si elle a l'intention de suspendre l'application de cette mesure en attendant le résultat de négociations avec les organisations professionnelles représentatives.
Réponse publiée le 5 avril 1999
Les honoraires de radiologie ont connu au début de l'année 1998 une évolution extrêmement rapide, incompatible avec l'objectif national de dépenses d'assurance maladie voté par le Parlement pour 1998. Après concertation et en l'absence d'un accord avec les représentants des radiologues, le Gouvernement a décidé en août dernier de baisser temporairement la valeur de la lettre clé applicable aux actes de radiologie. Cette baisse n'emportait pas jugement d'une profession qui, avec l'ensemble du corps médical, mérite la confiance que lui portent nos concitoyens. Elle avait pour objectif de ramener le taux de croissance des dépenses de radiologie à un niveau compatible avec celui voté pour l'ensemble des dépenses d'assurance maladie, soit environ 2,2 %. Accepter une augmentation des honoraires de radiologie ou de toute autre dépense de santé telle que celle constatée au début de l'année 1998 conduit inévitablement soit à augmenter les cotisations soit à diminuer les remboursements. Les discussions avec les représentants de la profession ont été poursuivies et un accord a été conclu avec le président de la Fédération nationale des médecins radiologues le 9 février dernier par lequel le Gouvernement et les radiologues s'accordent sur la nécessité d'améliorer la qualité des soins radiologiques et d'optimiser les dépenses d'assurance maladie en radiologie. En application de ce protocole, la valeur de la lettre clé Z1 a été portée de 9,47 francs à 10,60 francs le 25 février dernier. De plus, des bilans seront établis au bout des quatre et huit premiers mois de l'année 1999 et la valeur de la lettre clé sera alors éventuellement modifiée pour garantir une évolution globale des dépenses de radiologie sur 1998 et 1999 conforme aux objectifs fixés pour les honoraires de spécialistes sur ces deux années. Par ailleurs, le Gouvernement s'est engagé à soutenir l'initiative de la fédération en vue de créer un dispositif de recueil et d'analyse des données médicales concernant l'exercice de l'imagerie. L'observatoire ainsi créé contribuera à l'auto-évaluation par les radiologues de leurs pratiques, à l'établissement des références de bonne pratique et au développement des études épidémiologiques. En outre, les radiologues se sont engagés à participer activement à la généralisation du dépistage des cancers ainsi qu'à la mise en place d'un contrôle technique des appareils de radiologie et à favoriser activement le développement de la télétransmission des feuilles de soins. Enfin, le Gouvernement a décidé de confier à une personnalité qualifiée une mission de réflexion sur l'avenir de l'imagerie médicale en France à laquelle les professionnels seront bien évidemment associés.
Auteur : M. Richard Cazenave
Type de question : Question écrite
Rubrique : Assurance maladie maternité : généralités
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Dates :
Question publiée le 21 septembre 1998
Réponse publiée le 5 avril 1999