Question écrite n° 19868 :
francophonie

11e Législature

Question de : M. Jacques Myard
Yvelines (5e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sur la conférence qu'a prononcée M. le Premier ministre lors de son déplacement à Shangaï devant une délégation de chefs d'entreprise chinois au cours de laquelle il s'est exprimé en anglais. Il est très regrettable que l'une des plus hautes autorités du pays, le chef du Gouvernement, ait conduit ses entretiens dans la langue anglo-américaine. On ne peut à la fois décemment déplorer le déclin du français et utiliser l'idiome de la puissance dominante à l'étranger. On ne peut renoncer à notre langue et vouloir en même temps défendre et servir valablement les intérêts de la France et plus largement de la francophonie. Au moment où plusieurs coups de boutoir s'exercent sur la France pour qu'elle rentre dans le rang, il conviendrait bien plutôt d'appuyer en toutes circonstances et notamment à l'étranger les efforts de promotion du français. Il souhaiterait l'interroger sur l'attachement qu'il porte à la politique linguistique en faveur de notre langue. Il lui demande de quelle crédibilité jouit cette politique dès lors que les plus hauts responsables du pays utilisent l'anglais lors de leurs déplacements à l'étranger.

Réponse publiée le 16 novembre 1998

Le programme de déplacement du Premier ministre à Shanghai comprenait notamment l'inauguration du lycée franco-chinois de cette ville. La France a fait de ce projet une de ses priorités dans le domaine de la coopération linguistique avec la Chine. Elle y consacre des moyens importants. C'est à l'occasion de cette visite que le Premier ministre a fait, en français, un parallèle entre la Chine et la France, pays de grandes et très anciennes cultures, pays dont les langues sont enseignées et parlées dans le monde entier, même si, a-t-il dit, les locuteurs de chinois sont forcément plus nombreux que les francophones. Il a rappelé le prix qu'il attache à la diversité linguistique et culturelle et engagé ses partenaires à s'associer à ce combat. La coopération linguistique et éducative entre la Chine et la France ne cesse d'ailleurs de croître depuis quelques années. La meilleure visibilité de l'Organisation internationale de la francophonie, la tenue du dernier sommet francophone en Asie ne font que renforcer l'intérêt des Chinois pour notre langue, qu'ils utilisent, notamment en Afrique francophone, où ils mènent une coopération très active. Le Premier ministre a utilisé l'anglais, dans les circonstances particulières d'une brève réunion avec des entrepreneurs chinois, afin de ne pas détourner l'attention de ses propos. L'idée étant de se présenter comme un partenaire à part entière de la Chine, sur le plan économique, et non d'utiliser « l'idiome de la puissance dominante ». Défendre la francophonie ne consiste pas à faire la guerre à la langue anglaise mais à lutter pour la diversité linguistique et culturelle du monde.

Données clés

Auteur : M. Jacques Myard

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : coopération

Ministère répondant : coopération

Dates :
Question publiée le 5 octobre 1998
Réponse publiée le 16 novembre 1998

partager