service national
Question de :
M. Robert Hue
Val-d'Oise (5e circonscription) - Communiste
M. Robert Hue attire l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur les conséquences du transfert du financement du service national des objecteurs de conscience de l'Etat vers les organismes d'accueil. Suite à une décision prise sous le précédent gouvernement, les organismes accueillant de jeunes objecteurs de conscience à l'occasion de leur service national ont été mis devant le fait accompli de la suppression de 80 % de la prise en charge de l'Etat pour les jeunes commençant leur service national en tant qu'objecteur de conscience après le 15 janvier 1997. Les frais de subsistance de ces jeunes étant, depuis cette date, imputés sur les fonds propres des organismes d'accueil, plusieurs milliers d'entre eux sont dans l'impossibilité de financer ce coût et ne peuvent donc plus recevoir les nombreux objecteurs de conscience qui le souhaitent. Le comité de coordination pour le service civil auquel ont adhéré un grand nombre d'organismes accueillant des objecteurs de conscience réclame aujourd'hui le rétablissement intégral du financement public du service national des objecteurs de conscience, une réévaluation de 50 % des montants d'indemnisation afin que ce montant repasse au-dessus du seuil de pauvreté et l'amélioration des conditions générales de fonctionnement de ce service national dans la perspective de la création d'un « volontariat pour la paix ». Il lui demande donc quelles mesures elle entend prendre afin de répondre à ces revendications et permettre ainsi réellement aux derniers jeunes appelés d'opter pour un service civil.
Réponse publiée le 1er mars 1999
La mesure prise par le précédent gouvernement tendant à faire participer les organismes recevant des objecteurs de conscience à la prise en charge financière des intéressés a pu conduire à la diminution du nombre d'appelés accueillis par ces structures. Cette décision ne peut malheureusement pas être remise en cause dans le contexte budgétaire actuel. Le Gouvernement doit surtout s'efforcer de résorber les dettes importantes accumulées ces dernières années à l'égard des structures d'accueil et s'employer à améliorer les procédures de remboursement. Un effort très important vient d'être réalisé dans ce cadre, une dotation complémentaire de 140 MF ayant pu être affectée à ces remboursements à la fin de l'exercice 1998. Parallèlement, diverses mesures ont été décidées en octobre 1997 afin de ne pas pénaliser les jeunes gens incorporables rencontrant des difficultés dans leur recherche d'un lieu d'affectation : prise en compte, au titre de la durée de service à accomplir, de la période séparant les dates d'appel au service national et d'affectation des intéressés ; couverture sociale des appelés assurée par le ministère de l'emploi et de la solidarité ; mise en oeuvre de modalités particulières de placement en reports d'incorporation, en accord avec le ministre de la défense ; généralisation de l'octroi d'un congé exceptionnel sans solde, congé libératoire de quatre-ving-dix jours lié à la manière de servir des intéressés. Les affectations au sein des services de l'Etat ont, par ailleurs, été encouragées et la reprise, au niveau départemental, de la procédure d'agrément des structures d'accueil a permis un certain renouvellement des organismes susceptibles de recevoir des appelés (700 nouveaux agréments prononcés à ce jour).
Auteur : M. Robert Hue
Type de question : Question écrite
Rubrique : Défense
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : santé et action sociale
Dates :
Question publiée le 2 novembre 1998
Réponse publiée le 1er mars 1999