grande distribution
Question de :
Mme Marie-Jo Zimmermann
Moselle (3e circonscription) - Rassemblement pour la République
Mme Marie-Jo Zimmermann attire l'attention de Mme la secrétaire d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce et à l'artisanat sur le fait que la technique du « couponnage électronique » permet une utilisation abusive du système code-barres. En effet, il devient possible dans les hypermarchés de noter à la caisse les clients qui achètent tel ou tel produit et de leur donner ensuite un bon de réduction ou une publicité pour acheter un produit concurrent. Il y a là une démarche nouvelle qui, de ce fait, n'est pas formellement interdite par la loi et qui constitue manifestement une forme moralement déloyale de concurrence. Elle souhaiterait en conséquence qu'elle lui précise si elle ne pense pas qu'il faudrait de toute urgence adopter une disposition législative interdisant une telle pratique.
Réponse publiée le 31 mai 1999
Les relations commerciales sont régies par deux principes : celui de la liberté du commerce et celui de la liberté contractuelle. Ces libertés trouvent toutefois leurs limites quand elles s'accompagnent de procédés déloyaux. L'éventail des pratiques et les difficultés d'appréciation de leur caractère fautif empêchent que les agissements répréhensibles puissent être codifiés de manière exhaustive. C'est ainsi que, en particulier, le domaine de la concurrence déloyale est largement laissé à l'appréciation des juges. La technique du couponnage électronique, ainsi que les pratiques qui en découlent, se situent dans de contexte. Ces procédés connaissent un développement important dans le cadre de l'informatisation du commerce et de la multiplication des techiques de promotion des ventes. Des jugements récents sont intervenus en la matière. Ainsi, par un arrêt du 18 novembre 1997, la Cour de Cassation, cassant un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 30 juin 1995, a considéré que « le couponnage électronique permettait, en l'espèce, à l'occasion des ventes d'un produit déterminé, de remettre à un acheteur, lors du passage en caisse, un bon de réduction destiné à la vente par un concurrent dans le magasin, ce dont il ressortait qu'un tel agissement était constitutif d'un détournement de clientèle ». Dans ce cadre, les professionnels qui s'estimeraient lésés par ce type de pratiques déloyales peuvent engager des actions en responsabilité à l'encontre de ceux de leurs concurrents qui les mettent en oeuvre. En conséquence, il ne semble pas nécessaire d'édicter des règles supplémentaires spécifiques réglementant ces pratiques.
Auteur : Mme Marie-Jo Zimmermann
Type de question : Question écrite
Rubrique : Commerce et artisanat
Ministère interrogé : PME, commerce et artisanat
Ministère répondant : PME, commerce et artisanat
Dates :
Question publiée le 1er mars 1999
Réponse publiée le 31 mai 1999