Question écrite n° 27511 :
politiques communautaires

11e Législature

Question de : M. Robert Hue
Val-d'Oise (5e circonscription) - Communiste

M. Robert Hue attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'intérêt que représente une harmonisation du taux de TVA dans le secteur de la restauration. A l'heure actuelle, alors que la restauration traditionnelle est soumise à un taux de TVA de 20,6 %, le taux de TVA applicable à la restauration rapide n'est quant à lui que de 5,5 %, ce qui pénalise grandement la restauration traditionnelle française, déjà fragilisée par une fiscalité parmi les plus importantes d'Europe. Soucieuse de préserver l'activité des 80 000 entreprises de restauration françaises qui emploient aujourd'hui près de 600 000 salariés et au moment même où la Commission de Bruxelles vient de rappeler aux Etats membres qu'elle restait dans l'attente de connaître, pays par pays, la liste des services considérés comme revêtant le caractère d'activité à forte densité de main-d'oeuvre et susceptibles de ce fait de pouvoir bénéficier, au moins temporairement, d'un taux réduit de TVA, la Fédération nationale de l'industrie hôtelière et le Syndicat national de la restauration publique organisée souhaitent vivement que le gouvernement français fasse inscrire l'activité de restauration dans la liste de celles pouvant bénéficier du taux de TVA réduit. Il lui demande donc s'il entend permettre une harmonisation du taux de TVA sur la restauration avec un nouveau taux réduit de 14 % comme cela est préconisé par une récente étude.

Réponse publiée le 2 août 1999

La France est déjà la première destination touristique en Europe bien que la législation communautaire actuellement applicable ne lui permette pas d'appliquer un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée au secteur de la restauration. La Commission européenne a par ailleurs effectivement présenté une proposition de directive qui permettrait, sous certaines conditions, de soumettre au taux réduit certains services à forte intensité de main-d'oeuvre. Mais, si la Commission a cité, à titre d'exemple, les services rendus à la personne et les prestations de réparations et de rénovation d'immeubles, elle a d'ores et déjà fait savoir que la restauration ne lui semblait pas correspondre aux visées de la proposition de directive. En tout état de cause, une baisse du taux de taxe sur la valeur ajoutée dans ce secteur ne revêtirait pas un caractère distributif. En effet, elle bénéficierait à des catégories de population plutôt favorisées ainsi qu'à des non-résidents effectuant de courts séjours en France. Par ailleurs, elle supposerait de relever le taux applicable aux livraisons de repas effectuées par les fournisseurs de cantines d'entreprises et de taxer ces mêmes cantines qui sont actuellement exonérées, sous certaines conditions, de taxe sur la valeur ajoutée. Cette démarche irait à l'encontre de la vocation sociale de la restauration collective à laquelle le Gouvernement est très attaché. Pour l'ensemble de ces raisons, l'inscription du secteur de la restauration sur la liste des services susceptibles de bénéficier, à titre expérimental, de l'application du taux réduit n'est pas opportune.Enfin, il est fait observer que les entreprises de ce secteur vont profiter pleinement de la suppression progressive, sur une période de cinq ans, de la part salariale de la taxe professionnelle, comme le prévoit l'article 44 de la loi de finances pour 1999, ainsi que de la réforme des charges patronales qui vient d'être annoncée par le Gouvernement.

Données clés

Auteur : M. Robert Hue

Type de question : Question écrite

Rubrique : Tva

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 29 mars 1999
Réponse publiée le 2 août 1999

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