Question écrite n° 27899 :
heure d'été et heure d'hiver

11e Législature

Question de : M. Gilbert Gantier
Paris (15e circonscription) - Démocratie libérale et indépendants

M. Gilbert Gantier attire l'attention de M. le Premier ministre sur le passage à la « double heure d'été » récemment imposé, comme chaque année, lors du dernier dimanche de mars. Il lui fait observer que le fait d'appliquer en France l'heure du méridien de Greenwich augmentée d'une heure en hiver et de deux heures en été constitue incontestablement une anomalie par rapport à la situation géographique du territoire français sur le globe terrestre. Cette pratique avait été imposée en France, de 1940 à 1945, par les autorités d'occupation allemandes désireuses d'appliquer dans l'ensemble des territoires occupés l'heure de Berlin ; elle a de nouveau été instituée en 1976, après le premier choc pétrolier, pour des motifs d'économie d'énergie, et se trouve depuis prorogée d'année en année. Mais elle est loin d'emporter une adhésion unanime de la part des Français. En effet, le motif avancé d'économie d'énergie a été contesté par plusieurs rapports officiels et il ne constitue plus, en tout cas, une priorité économique nationale. A l'inverse, de nombreux rapports dénoncent les inconvénients de ce choix arbitraire d'un horaire officiel différent de celui résultant normalement de notre longitude dans d'autres domaines, et en particulier sur les rythmes biologiques. C'est ainsi que les « lève-tôt » - écoliers, travailleurs, banlieusards, etc. - commencent leur journée en pleine nuit pendant une grande partie de l'année, et ceci d'autant plus qu'ils demeurent plus à l'ouest du territoire national puisque le soleil se lève à Brest près d'une heure plus tard qu'à Strasbourg. Durant les longues soirées d'été, au contraire, l'apaisement de la nuit ne se produira guère pour eux avant 22 h 30, ce qui présente de sérieux inconvénients pour les enfants, les vieillards, les malades, etc. Il lui demande s'il ne serait pas possible d'intervenir auprès des autorités de Bruxelles pour faire modifier la huitième directive qui prévoit le maintien de cet étrange système jusqu'en 2001, et lui fait observer d'une part qu'il est vain de vouloir appliquer une heure officielle unique dans un ensemble politique de grande dimension géographique comme l'Union économique européenne, d'autre part que le Portugal et le Royaume-Uni appliquent pour leur part l'heure GMT en hiver et GMT + 1 en été, alors même que la quasi-totalité du territoire britannique est située plus à l'est que la plus grande partie des départements bretons, l'agglomération londonnienne étant même située plus à l'est que le tiers du territoire français.

Réponse publiée le 8 novembre 1999

L'opinion publique française est partagée sur la question de l'heure d'été. Les différentes enquêtes d'opinion réalisées ont toutefois montré que les changements répétitifs d'horaires liés à l'application de l'heure d'été seraient plus à l'origine de la gêne ressentie par une certaine partie de la population que l'ampleur du décalage par rapport au temps universel coordonné. C'est la raison pour laquelle le précédent gouvernement avait souhaité le retour à une heure fixe toute l'année à l'expiration de la directive européenne régissant le régime de l'heure d'été pour les années 1994 à 1997. Aussi, lors des discussions européennes relatives au régime applicable à compter de 1998, les autorités françaises ont-elles défendu la position selon laquelle les Etats membres de l'Union européenne devraient avoir la possibilité d'appliquer on non les changements d'horaires. Cette position n'a pas été partagée par les autres Etats membres. En conséquence, le régime de changement d'horaires a été reconduit pour les années 1998 à 2001. Le Gouvernement demeure bien sûr très attentif à l'évolution de ce dossier.

Données clés

Auteur : M. Gilbert Gantier

Type de question : Question écrite

Rubrique : Heure légale

Ministère interrogé : Premier Ministre

Ministère répondant : industrie

Dates :
Question publiée le 5 avril 1999
Réponse publiée le 8 novembre 1999

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