politique de la santé
Question de :
M. Alain Ferry
Bas-Rhin (6e circonscription) - Union pour la démocratie française-Alliance
M. Alain Ferry attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur les orientations prises par les politiques de santé publique, s'agissant de l'amalgame opéré entre le vin et les drogues. On assiste en effet à une multiplication des rapports officiels mettant en cause les boissons alcoolisées (rapport Roques, Maestracci, Mignon). Or la spécificité des vins qui disposent d'atouts particuliers tant par leur mode de consommation que par leurs effets bénéfiques sur la santé a été mise en évidence par plusieurs études à caractère scientifique. En outre, les professionnels de la viticulture se mobilisent depuis plusieurs années pour encourager la mise en place d'une véritable politique de santé publique fondée sur le développement de la responsabilité des consommateurs, des opérateurs, et la mise en place d'un code de bonne conduite dans les modes de vente et de distribution. Ils démontrent ainsi leur volonté d'être partenaires à part entière d'une véritable lutte contre l'alcoolisme. Dans un contexte de très forte concurrence sur les marchés mondiaux, ils s'interrogent sur le contraste grandissant entre l'approche méfiante à l'égard du vin en France et la politique de promotion et de valorisation des produits viticoles chez nos principaux concurrent : l'autorisation récente accordée aux producteurs américains d'apposer sur les étiquettes de leurs produits une mention sur les bienfaits du vin est un exemple. Il lui demande donc que les textes réglementaires distinguent les produits selon des critères de dangerosité réels et n'assimilent en aucun cas le vin au drogues ou encore au tabac, produits dont toute consommation est considérée par les pouvoirs publics comme nocive. Il souhaite savoir comment le Gouvernement entend intégrer la spécificité des vins dans sa politique de santé publique.
Réponse publiée le 5 juillet 1999
Le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale tient à assurer l'honorable parlementaire que la réflexion actuellement menée ne vise en aucune manière à créer un amalgame entre l'alcool et les substances illicites. Toutefois, on ne saurait ignorer que l'abus d'alcool peut être à l'origine d'un grand nombre de décès, d'accidents ou de comportements violents. De plus, l'évolution des modes de consommation, notamment chez les plus jeunes, est inquiétante. Tous ces éléments suggèrent de nouveaux enjeux de santé publique avec, dans le domaine de la prévention, une approche fondée sur les comportements à risques et non sur les produits. Le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale a conscience que ces nouvelles orientations puissent susciter de nombreuses interrogations, notamment chez les professionnels de la filière viticole. Néanmoins, ceux-ci ne pourront qu'être sensibles à la nécessité de définir les contours d'une politique cohérente de santé publique, surmontant les obstacles liés au cloisonnement des actions par produits pour aboutir à une approche plus globale de l'ensemble des conduites addictives. Cette nouvelle approche du dispositif de prévention et de soins ne s'inscrit en aucune manière en contradiction avec le message de modération développé depuis de nombreuses années par la filière viticole. Bien au contraire, les différents acteurs de la santé publique et les producteurs de vins ne pourront que se rapprocher dans de nouveaux axes de réflexion autour de la distinction entre usage, usage nocif et dépendance.
Auteur : M. Alain Ferry
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : santé et action sociale
Ministère répondant : santé et action sociale
Dates :
Question publiée le 5 avril 1999
Réponse publiée le 5 juillet 1999