PAC
Question de :
M. Gérard Voisin
Saône-et-Loire (1re circonscription) - Démocratie libérale et indépendants
M. Gérard Voisin attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur les conséquences pour les producteurs d'oléagineux et de protéagineux de la baisse des prix d'intervention décidée dans le cadre de la réforme de la PAC. Certains départements français et, en particulier, le département de Saône-et-Loire, en raison de la structure de leur production et de faibles rendements à l'hectare, sont plus particulièrement concernés par les nouvelles mesures qui vont, en effet, affecter considérablement les revenus des exploitants en raison de la part importante qu'y représentent les paiements compensatoires. Cette dégradation programmée de leurs revenus doit conduire à envisager un soutien spécifique pour faire face au désengagement communautaire. Il lui demande de bien vouloir lui faire connaître les suites qu'il entend donner aux différentes propositions en ce sens des organisations professionnelles et, en particulier, celle qui prévoit la mise en oeuvre d'une prime unique au niveau national pour l'ensemble des céréales, que ce soit pour les productions sèches ou irriguées.
Réponse publiée le 26 juillet 1999
Le contexte des négociations était extrêmement difficile. Il est exact que le résultat du compromis de Berlin sur l'Agenda 2000 a été, pour les oléo-protéagineux, en deçà des objectifs de négociation de la France. Il convient néanmoins de rappeler que la France a obtenu des avancées. Outre la mise en place d'une phase transitoire de deux ans, il a été décidé d'une clause de rendez-vous qui impose de faire un point sur l'évolution du secteur au plus tard deux ans après la mise en oeuvre de la réforme. Le moment venu, cette opportunité pourra être utilisée afin de rouvrir le débat sur ce dossier, compte tenu des perspectives d'évolution des surfaces en oléagineux. La France a également obtenu que soit maintenu son double plan de régionalisation pendant la période transitoire, ce qui devrait atténuer l'effet de la baisse progressive des aides. Le prix de référence qui permettrait d'ajuster le niveau de l'aide à la baisse ou à la hausse en cas d'augmentation ou diminution du prix mondial a été supprimé mais l'aide après l'abattement dû au dépassement de la superficie maximale garantie ne peut être inférieure au niveau de l'aide aux céréales. Concernant les protéagineux, la baisse du soutien accordé aux céréales à 63 euros par tonne, compte tenu d'une moindre baisse des prix, décidée à l'occasion du sommet de Berlin, a conduit de facto à une revalorisation du soutien spécifique accordé aux protéagineux, qui a été maintenu à 72,5 euros par tonne. Enfin, un certain nombre de mesures nationales dans le secteur des oléo-protéagineux ont d'ores et déjà été décidées : la mise à disposition sur fonds nationaux de 150 MF afin de mettre en place avant les prochains semis un programme agri-environnemental pour le tournesol, ceci ayant été rendu possible par la déclaration de la commission annexée à l'accord de Berlin. L'abondement de crédits communautaires permettra de mobiliser 300 MF au total ; le renouvellement en 1999 de l'exonération fiscale de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à hauteur de 240 F par hectolitre, afin de soutenir la filière non alimentaire ; la prise en compte de 40 000 tonnes supplémentaires dans le cadre des demandes d'agréments présentées par les unités de Rouen et de Compiègne, pour la production de Diester. Le Gouvernement, qui comprend l'inquiétude exprimée par les professionnels, suivra avec grande attention l'avenir de cette filière stratégique. Concernant le plan de régionalisation, des groupes de travail du Conseil supérieur d'orientation (CSO) ont été mis en place pour étudier avec les organisations professionnelles agricoles les différentes possibilités de modification de ce plan de régionalisation. A ce jour, aucune décision n'a été prise à ce sujet.
Auteur : M. Gérard Voisin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : agriculture et pêche
Ministère répondant : agriculture et pêche
Dates :
Question publiée le 31 mai 1999
Réponse publiée le 26 juillet 1999