Question écrite n° 31358 :
divorce

11e Législature

Question de : M. Joseph Parrenin
Doubs (3e circonscription) - Socialiste

M. Joseph Parrenin souhaite attirer l'attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur les problèmes provoqués par l'application de la prestation compensatoire en cas de divorce. Le juge peut effectivement demander à l'un des conjoints de verser à l'ex-conjoint cette prestation qui a pour objet initial de compenser la perte de niveau de vie découlant de la rupture des liens du mariage. En cas de décès de la personne versant cette rente, son nouveau conjoint, voire même ses enfants, doivent s'acquitter du paiement de la prestation compensatoire. L'application dans le temps de cette décision ne tient aucunement compte de l'évolution de la situation des parties concernées, notamment en cas de perte d'emploi du débiteur. On se trouve alors face à des problèmes de précarité financière. Tout en reconnaissant l'utilité d'une telle disposition, il lui demande si elle envisage d'y apporter des améliorations qui pourraient prendre en considération l'évolution du niveau de vie tant du créancier que du débiteur et ainsi appliquer une meilleure justice sociale.

Réponse publiée le 30 août 1999

la garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire qu'un certain assouplissement des conditions de mise en oeuvre de la prestation compensatoire, notamment de sa révision, actuellement posées par la loi, paraît en effet s'imposer eu égard au contexte socio-économique, sans qu'il y ait lieu, cependant, de revenir à un régime comparable à celui des pensions alimentaires préexistant à la réforme de 1975, dont les inconvénients ont été unanimement dénoncés. Lors de la discussion au Sénat des deux propositions de loi de MM. About et Pages relatives à la prestation compensatoire, le 25 février 1998, le Gouvernement a déposé différents amendements en ce sens, abordant également les problèmes fréquemment dénoncés de la transmissibilité de la charge de la rente aux héritiers du débiteur. Ces amendements n'ont toutefois pas été adoptés par la Haute Assemblée. Les réflexions engagées à ce sujet à la chancellerie se sont poursuivies au sein du groupe de travail pluridisciplinaire, installé le 31 août 1998, sous la présidence de Mme Dekeuwer-Defossez, chargé de présenter des propositions de réforme du droit de la famille d'ici le 15 septembre 1999. Il apparaît souhaitable d'attendre les résultats des travaux du groupe avant d'engager la réforme du dispositif en vigueur. C'est en effet dans le cadre d'une étude globale de l'ensemble des questions liées au divorce et à ses conséquences pécuniaires que doit être recherchée une solution tendant à remédier aux difficultés posées par la législation en vigueur relative à la prestation compensatoire. Il paraît cependant difficile de rendre la prestation compensatoire dans tous les cas intransmissible alors que le créancier est le plus souvent une femme qui s'est consacrée pendant de longues années à l'éducation des enfants et qui, au moment de la séparation, peut ne pas être en mesure de retrouver du travail et d'assurer son autonomie financière.

Données clés

Auteur : M. Joseph Parrenin

Type de question : Question écrite

Rubrique : Famille

Ministère interrogé : justice

Ministère répondant : justice

Dates :
Question publiée le 14 juin 1999
Réponse publiée le 30 août 1999

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