football
Question de :
M. Gilbert Gantier
Paris (15e circonscription) - Démocratie libérale et indépendants
M. Gilbert Gantier attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les incidents qui émaillent de plus en plus fréquemment les rencontres et événements d'ordre sportif, et rappelle notamment les débordements qui se sont produits lors du match de football entre les clubs du Paris Saint-Germain et de l'Olympique de Marseille le 5 mai 1999. A cette occasion, des supporters de l'OM se sont livrés à d'innombrables actes de vandalisme : sept autobus de la RATP ont été entièrement détruits, des compartiments de TGV saccagés, de nombreux autres dommages ont été constatés sur la voie publique. Alors que cette rencontre présentait des risques connus, il souhaiterait savoir pourquoi de tels incidents n'ont pu être évités, notamment en raison d'une présence et d'une intervention insuffisantes des forces de l'ordre. Il souhaiterait également connaître le coût total de ces dégâts et savoir avec précision quelles personnes physiques ou morales en ont supporté la charge.
Réponse publiée le 30 août 1999
La préfecture de police avait pris des dispositions exceptionnelles pour assurer la sécurité de la rencontre du match de football entre le Paris-Saint-Germain et l'Olympique de Marseille, le 4 mai dernier, en raison du contentieux qui existe entre supporters des deux clubs. Douze unités mobiles, une section de moniteurs sur la pelouse et des équipes de motocyclistes, soit près de 1 000 policiers et gendarmes mobiles ont été déployés pour assurer l'ensemble des missions d'ordre public liées à cette manifestation sportive. A leur arrivé en gare de Lyon, les forces de l'ordre ont convoyé les supporters marseillais au parc des Princes. Pendant le trajet, des incidents se sont produits (jets de projectiles, dégradations dans les autobus). Les supporters marseillais ont fait l'objet d'une fouille à leur descente des autobus et conduits sous bonne escorte en groupes fractionnés jusqu'au parc des Princes. Simultanément, les forces de l'ordre intervenaient contre plusieurs centaines de supporters du PSG qui voulaient en découdre avec ceux de Marseille. Vers 19 heures, des supporters marseillais s'introduisaient sur la pelouse du parc contraignant les forces de l'ordre à une nouvelle intervention. A l'issue de la rencontre, il a été décidé de raccompagner sous escorte les supporters marseillais à la gare de Lyon compte tenu des incidents précités. Un cortège d'autobus a donc été à nouveau organisé sous escorte entre le parc des Princes et la gare de Lyon, via le boulevard périphérique. Lors de ce trajet, des dégâts importants ont été commis dans les autobus. Toutefois, en raison de l'extrême agressivité des supporters, les forces de police se sont employées avec succès à isoler complètement ce groupe très nombreux, et à éviter qu'il n'entre en contact non seulement avec les supporters adverses, mais aussi avec la population parisienne, contacts dont les conséquences auraient pu s'avérer graves de conséquences. Dans ce contexte, il n'a pas été possible de procéder à l'interpellation immédiate de l'ensemble des supporters marseillais, la responsabilité collective ne pouvant permettre de fonder des poursuites. Cependant, sur l'ensemble de la soirée, la police a procédé à 25 interpellations, 14 individus ont été placés en garde à vue et des suites judiciaires sont intervenues : 6 comparutions immédiates, 5 citations à comparaître, un mineur mis en examen pour violence volontaire sur agent de la force publique. Les mesures prises le 4 mai ont évité de beaucoup plus graves affrontements, compte tenu de l'intensité de la tension qui régnait entre les supporters des 2 clubs. Le dispositif mis en place habituellement au parc des Princes depuis plusieurs années a donné des résultats satisfaisants, empêchant ou réduisant les débordements graves à l'inérieur et hors du stade. Il a, en particulier, démontré son efficacité lors de la dernière Coupe du monde de football en juin-juillet 1998. La détérioration des autobus, événement sans précédent, conduit pour l'avenir à renforcer les mesures de toute nature propres à assurer le transport des supporters à risque dans des conditions de sécurité supérieure. Des réunions de travail ont été conduites à cet effet par les services de la préfecture de police avec les différentes autorités concernées (Ligue nationale de football, club de football, RATP et SNCF). Les responsables du milieu du football, sensibilisés à la nécessité de mettre en oeuvre des solutions préventives, ont fait part de leur détermination à obtenir des clubs les plus concernés un engagement supérieur dans le contrôle et l'encadrement de leurs supporters, notamment à l'occasion de leurs déplacements. Pour ce qui concerne le coût total des dégâts, aucun dossier de demande d'indemnisation n'a été adressé, à ce jour, à la préfecture de police.
Auteur : M. Gilbert Gantier
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sports
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Dates :
Question publiée le 14 juin 1999
Réponse publiée le 30 août 1999