Question écrite n° 35522 :
cotisations

11e Législature

Question de : M. Gilbert Gantier
Paris (15e circonscription) - Démocratie libérale et indépendants

M. Gilbert Gantier appelle l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur le dispositif d'exonération de charges sociales patronales pour l'emploi d'aides à domicile par les personnes âgées. Jusqu'à l'année dernière, les personnes âgées de plus de soixante-dix ans pouvaient, en application de l'article L. 241-10 du code de la sécurité sociale, bénéficier d'une exonération totale de cotisations d'assurances sociales pour l'emploi d'une aide à domicile. L'article 5 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999 a introduit le principe du plafonnement de l'exonération pour les rémunérations versées à compter du mois d'avril 1999. Un décret du 9 juin 1999 fixe le plafond mensuel de rémunération pris en compte pour le calcul de l'exonération à soixante-cinq fois le montant du SMIC horaire. En conséquence, depuis quelques mois, des personnes âgées de plus de soixante-dix ans reçoivent, le plus souvent sans avoir été averties au préalable de ce durcissement de la réglementation, des bordereaux d'appel de cotisations très fortement majorés et peuvent se trouver devant de grandes difficultés à s'en acquitter. Ces personnes qui ne sont pas en situation de dépendance reconnue mais ont pourtant besoin d'être aidées dans leur vie courante et pour maintenir un contact avec le monde extérieur ne comprennent pas cette soudaine rigueur qui leur est imposée. En outre, il est regrettable que le mécanisme dérogatoire de plafonnement crée une discrimination qui pénalise l'emploi direct d'aide à domicile par rapport à l'emploi par l'intermédiaire d'une association ou d'une famille d'accueil et va freiner le développement du gisement, pourtant prometteur, d'emplois de proximité. Il souhaiterait donc savoir si le Gouvernement envisage soit de supprimer le plafonnement de l'exonération totale de cotisations sociales patronales pour l'emploi d'aide à domicile par les personnes âgées, soit d'assouplir le dispositif en relevant ce plafond ou en prévoyant une dérogation en faveur des personnes âgées de plus de soixante-quinze ans, en particulier pour celles qui sont atteintes d'une affection longue et coûteuse.

Réponse publiée le 2 avril 2001

Les conditions d'application de l'article L. 241-10 issu de la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999 ont fait l'objet d'un décret et d'un arrêté en date du 9 juin 1999, tous deux publiés au Journal officiel de la République française du 11 juin 1999. Un document détaillant les conditions auxquelles les personnes âgées d'au moins soixante-dix ans doivent satisfaire pour prétendre à l'exonération totale des cotisations patronales de sécurité sociale avait cependant été adressé aux particuliers employeurs au cours du premier trimestre 1999. En outre, les particuliers employeurs se sont vus accorder un délai supplémentaire pour demander l'exonération totale des cotisations patronales dues au titre des deuxième et troisième trimestres 1999 : sous réserve que les conditions de dépendance requises soient par ailleurs remplies, cette demande pouvait être présentée à l'URSSAF jusqu'à la fin de l'année 1999, alors qu'en application de l'arrêté du 27 mars 1987 fixant la procédure de demande de cette exonération, le droit est normalement ouvert à compter du premier jour du trimestre au cours duquel la demande a été reçue ou déposée à l'URSSAF. La rémunération versée par les personnes âgées à leurs aides à domicile reste exonérée en totalité des cotisations patronales de sécurité sociale dès lors que le besoin de l'assistance d'une tierce personne est avéré. Sont notamment considérées comme se trouvant dans cette situation les personnes titulaires d'un avantage de vieillesse et incapables d'accomplir seules les actes ordinaires de l'existence. La mesure adoptée lors de la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999 ne va donc pas à l'encontre du maintien à domicile des personnes âgées éprouvant des difficultés pour accomplir les actes ordinaires ou essentiels de la vie. Il ne paraissait pas équitable que des personnes, du simple fait de leur âge, bénéficient d'une aide identique à celle prévue pour les personnes dépendantes. Cette mesure est sans incidence pour la majorité des particuliers employeurs. En effet, le plafond mensuel de rémunération au-delà duquel les rémunérations versées sont pleinement assujetties à cotisations est égal à 65 fois le SMIC horaire, soit 2 731 francs au 1er juillet 2000. Or près de 90 % des particuliers employeurs actuellement bénéficiaires de l'exonération déclarent verser un salaire inférieur à cette somme, plus des trois quarts versant même moins de 1 500 francs bruts par mois. Ces chiffres ne sont d'ailleurs pas étonnants quand on sait que 70 % des personnes âgées indiquent employer leur aide à domicile moins de 6 heures par semaine. De plus, les particuliers employeurs non dépendants qui déclarent verser des salaires supérieurs à 2 731 francs ne sont pas pour autant exclus du bénéfice de l'exonération. Celle-ci est simplement limitée à la partie du salaire n'excédant pas 2 731 francs. Cela représente une aide de 841 francs par mois, soit plus de 10 000 francs par an qui viennent se conjuguer à la possibilité de bénéficier d'une réduction d'impôt pouvant atteindre 22 500 francs. Quand au surcroît de cotisations, il peut être pour partie effacé par cette réduction d'impôt. Ainsi, pour un salaire brut de 3 200 francs par mois, le surcoût induit par la mesure s'établit, avant réduction d'impôt, à 1 732 francs par an, mais n'est plus que de 866 francs après cette réduction.

Données clés

Auteur : M. Gilbert Gantier

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité sociale

Ministère interrogé : emploi et solidarité

Ministère répondant : emploi et solidarité

Dates :
Question publiée le 4 octobre 1999
Réponse publiée le 2 avril 2001

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