La Poste
Question de :
M. Jack Lang
Loir-et-Cher (1re circonscription) - Socialiste
M. Jack Lang attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à l'industrie sur les inquiétudes exprimées par les responsables des organisations syndicales quant à la question de la résorption de l'emploi précaire au sein de La Poste. En effet, la signature au mois de juin 1998 du contrat d'objectif et de progrès avait pour objectif de donner une nouvelle impulsion sociale à La Poste. Par cette signature, le Gouvernement et La Poste ont voulu marquer cette obligation de réduction de la précarité par la transformation des contrats à durée déterminée (CDD) en contrats à durée indéterminée (CDI). En outre, selon l'accord du 17 février 1999, La Poste doit participer à la politique de solidarité en faveur de l'emploi. Ainsi, en deux ans, 20 000 recrutements à temps plein devraient être organisés et 2 000 jeunes formés en alternance. Si le résultat visé est l'emploi stable, force est de constater que cet objectif se fait au détriment des CDD qui se voient purement et simplement non renouvelés ou non requalifiés en CDI. Ainsi, dans le département de Loir-et-Cher, près de 80 contractuels pâtissent de cette situation. Une récente décision judiciaire ordonne même à La Poste de requalifier un CDD en CDI et de régler les rappels de salaires correspondants. Visiblement, les accords nationaux ne sont pas toujours suivis d'effet dans nos régions. Bien souvent, les organisations syndicales ne sont pas associées au diagnostic et à l'élaboration des solutions préalablement à la conclusion des accords de chaque établissement. Il souhaite donc savoir si le Gouvernement entend prendre des mesures pour résoudre cette situation afin que le service public postal reste fidèle à ses valeurs, alliant la performance et le respect de son personnel.
Réponse publiée le 31 janvier 2000
Conformément aux dispositions de l'article 31 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications, la Poste recrute, depuis le 1er janvier 1991, des agents contractuels soumis au régime des conventions collectives. La convention commune la Poste-France Télécom, signée le 4 novembre 1991 avec 4 organisations syndicales représentatives (FO, CFDT, CFTC et CGC), fixe les droits et obligations des exploitants et de leurs salariés de droit privé, en matière de recrutement, de formation, de promotion, de rémunération et de représentation. Les droits ainsi reconnus sont bien évidemment plus favorables que ceux prévus par le code du travail. La convention commune prévoit l'emploi des agents contractuels sous trois types de contrats de travail : le contrat à durée indéterminée (CDI), le contrat à durée déterminée (CDD) et le contrat à durée indéterminée intermittent (CDII). La Poste s'est engagée à améliorer les conditions d'emploi de ses salariés sous convention commune et à réduire, lorsqu'elle existait, la précarité. C'est dans ce cadre que l'entreprise publique a conduit avec ses partenaires syndicaux des négociations à l'issue desquelles un accord d'entreprise pour l'amélioration de la gestion des agents contractuels relevant de la convention commune la Poste - France Télécom a été signé, le 12 juillet 1996, avec trois organisations syndicales représentatives. Cet accord visait notamment à réduire la précarité de l'emploi par la transformation de 3 500 contrats à durée déterminée (en équivalent temps complet) en contrats à durée indéterminée, intermittents ou non, en donnant la priorité aux CDD ayant effectué plus de 800 heures entre le 1er mai 1995 et le 1er mai 1996. Le droit des agents à la formation, à la promotion et au développement de carrière était également réaffirmé à cette occasion. En vertu de l'accord d'entreprise du 12 juillet 1996, près de 7 500 agents (plus de 4 800 en équivalent temps complet) ont effectivement bénéficié d'une transformation de leur CDD en CDI ou CDII. La Poste a ainsi dépassé les engagements qu'elle avait pris dans cet accord. En outre, la Poste et 4 organisations syndicales représentatives ont signé, le 24 avril 1998, un accord sur la promotion des agents contractuels à la Poste qui met en place un véritable dispositif de gestion des carrières de ces personnels. Avec la signature du contrat d'objectifs et de progrès 1998-2001 portant contrat de plan entre l'Etat et la Poste, l'effort de l'entreprise publique pour poursuivre l'amélioration des conditions d'emploi de ses salariés sous convention commune et veiller à mettre fin aux situations de précarité là où elles subsistent s'est encore amplifié tout au long des années 1998 et 1999, à la fois par la poursuite des effets de l'accord d'entreprise du 12 juillet 1996 (s'agissant notamment des transformations de CDD en CDI ou en CDII) et par de nouvelles mesures. Ainsi, un accord sur les conditions d'emploi des agents contractuels, dont l'élaboration était prévue par l'accord cadre du 17 février 1999 sur le dispositif d'application de l'aménagement et de la réduction du temps de travail à la Poste, a été signé le 17 juin 1999 avec quatre organisations syndicales représentatives. Il s'inscrit dans cette même perspective. Il prévoit notamment l'augmentation de la durée de travail des salariés sous convention commune à temps partiel (instauration d'un seuil minimal de 800 heures par an afin d'ouvrir à ces postiers le droit aux prestations maladie, maternité, invalidité et décès prévues par le code de la sécurité sociale), l'objectif étant que 50 % des agents sous CDI et CDII soient à temps complet au 31 décembre 2000. L'accord d'entreprise du 17 juin 1999 réaffirme également le principe du renforcement de l'emploi stable à la Poste, notamment par la réduction de 20 %, d'ici à la fin 2000, du nombre de CDD. Par cet accord, la volonté de la direction de la Poste, clairement affirmée dans les orientations stratégiques de l'entreprise, est de faire en sorte qu'au-delà de différences résiduelles, postiers fonctionnaires et postiers sous convention commune soient considérés, traités et gérés de manière homogène.
Auteur : M. Jack Lang
Type de question : Question écrite
Rubrique : Postes
Ministère interrogé : industrie
Ministère répondant : industrie
Dates :
Question publiée le 22 novembre 1999
Réponse publiée le 31 janvier 2000