commerce international
Question de :
M. Jack Lang
Loir-et-Cher (1re circonscription) - Socialiste
M. Jack Lang attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la prolifération et l'usage qui est fait des armes légères. Il existe aujourd'hui trois types d'armes légères individuelles ou collectives qui sont les armes de petit calibre (pistolets, carabines...), les armes légères à proprement parler (mitrailleuse, lance-missiles...) et les munitions et explosifs, dont les mines antipersonnel. Ces armes, instruments privilégiés de la plupart des conflits actuels, frappent malheureusement le plus souvent les populations civiles. Les chiffres du Comité international de la Croix-Rouge sont éloquents, 50 % des victimes des guerres actuelles sont des personnes civiles tuées ou blessées par des armes légères. En effet, facilement utilisables et dissimulables, ces armes font, aujourd'hui, l'objet d'un trafic très important. Des instruments internationaux, dont le registre des armes conventionnelles des Nations unies ou le code de conduite de l'Union européenne, ont certes été créés mais ne concernent que les armes lourdes. En France, même si l'exportation de la plupart des armes légères est soumise à autorisation, il reste aujourd'hui encore beaucoup à faire pour enrayer les transferts et l'emploi de telles armes. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui faire savoir quelles sont les dispositions que le gouvernement entend prendre pour stopper la prolifération des armes légères.
Réponse publiée le 3 janvier 2000
Le ministère des affaires étrangères souligne l'intérêt que le Gouvernement accorde à cette question qui l'a amené à favoriser, en concertation avec la République fédérale d'Allemagne, l'adoption par l'Union européenne d'une action commune relative à la contribution de l'Union européenne à la lutte contre l'accumulation et la diffusion déstabilisatrices des armes légères et de petit calibre (17 décembre 1998). Ce texte, qui définit les objectifs et les principes d'action des Quinze en ce domaine et présente dans une annexe technique les diverses catégories d'armes légères et de petit calibre, fait désormais partie d'un corps d'instruments européens qui permettent de prendre en considération les risques induits par des transferts d'armes incontrôlés : le programme de prévention du trafic illicite d'armes conventionnelles et de lutte contre ce trafic (adopté le 26 juin 1997) et le Code de conduite européen sur les exportations d'armements (adopté le 8 juin 1998). Disposant d'un système national de contrôle rigoureux portant sur une large gamme d'armements (des petites armes aux satellites), qui repose sur un examen interministériel et comporte plusieurs niveaux d'autorisation, la France tire aujourd'hui les enseignements de la première année d'application du code de conduite européen sur les exportations d'armements. Les modalités de mise en oeuvre de ce code de conduite élaboré sur la base d'une initiative franco-britannique, couvrent, pour ce qui concerne la France, les armes légères et de petit calibre. Le premier rapport, rendu public, sur l'application du code de conduite européen sur les exportations d'armements a, en outre, été adopté par le Conseil affaires générales le 11 octobre dernier (cf. Journal officiel des communautés européennes en date du 2 novembre 1999). Promouvant de hauts critères de retenue et de responsabilité, le code de conduite européen introduit plus de transparence dans les exportations d'armements et prend en particulier en considération le respect des droits de l'homme, la stabilité régionale, l'attitude du destinataire à l'égard du terrorisme et le risque de détournement d'usage. Le mécanisme de consultation et de notification qui l'accompagne permet de réduire les divergences entre les Etats dans l'interprétation des critères et dans les décisions nationales d'exportation. La France participe activement, par ailleurs, aux négociations visant à l'élaboration d'une convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, dont un protocole additionnel traite de la lutte contre la fabrication et le trafic illicites des armes à feu, de leurs pièces et éléments, et de leurs munitions (signature prévue lors de la conférence de Palerme contre la criminalité transnationale organisée prévue à l'automne 2000). La France entend, en outre, développer sa capacité de proposition lors des travaux préparatoires à la conférence internationale sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre, sous tous ses aspects, qui devrait se tenir en juin-juillet 2001, sous l'égide des Nations unies. Cette rencontre constituera une occasion privilégiée de concertation, qui devrait déboucher sur l'adoption d'un plan d'action international. Elle mène enfin, depuis le mois de juin 1998, un processus de concertation avec un collectif d'organisations non gouvernementales, conduit par la section française d'Amnesty International, sur le thème des armes légères et de petit calibre.
Auteur : M. Jack Lang
Type de question : Question écrite
Rubrique : Relations internationales
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 22 novembre 1999
Réponse publiée le 3 janvier 2000