politique fiscale
Question de :
M. André Gerin
Rhône (14e circonscription) - Communiste
M. André Gerin attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les cotisations versées aux mutuelles. Pour avoir une bonne protection sociale, les Français sont obligés de la compléter avec une mutuelle. De cette manière leurs dépenses pour leur santé sont mieux remboursées. Les cotisations versées aux mutuelles n'ont pas le même impact financier selon les budgets de la personne ou du ménage concerné. Les cotisations ne sont pas établies en fonction des revenus comme le sont les cotisations pour la sécurité sociale. Les ménages les plus défavorisés sont les plus lésés. Parfois ils ne peuvent pas payer une mutuelle. Cette situation est aggravé par l'impossibilité dans de nombreux cas de déduire ces montants des revenus. Certains salariés cotisent pour une mutuelle d'entreprise par prélèvement sur leur salaire. Leur employeur prend une part à sa charge. Ces sommes déduites à la source ne sont donc pas intégrées dans le calcul de l'impôt sur le revenu. De fait les règlements à la mutuelle sont défiscalisés. Beaucoup d'entreprises ne proposent pas de mutuelle à leurs employés. Ces derniers prennent une couverture complémentaire entièrement à leur charge. Les retraités, même ceux qui ont bénéficié d'une mutuelle d'entreprise en tant que salarié, se retrouvent dans la même situation. Non seulement ils ont des pensions inférieures à leurs précédents salaires, mais en plus ils doivent cotiser à taux plein sans aucune déduction directe ou indirecte. Cette situation entraîne de nombreuses injustices sociales concentrées particulièrement sur les salariés des petites entreprises, les retraités et les ménages à bas revenus. Il y a lieu de mettre cette question à plat et d'imaginer une solution plus juste socialement. Les cotisations de mutuelles pourraient être déduites des revenus soumis à l'impôt. Il lui demande quelle réflexion poursuit le Gouvernement à ce sujet et quelles sont ses propositions.
Réponse publiée le 14 février 2000
Seules les cotisations de prévoyance complémentaire qui sont versées dans le cadre de l'exercice d'une activité professionnelle et qui, s'il s'agit de salariés, s'imposent en vertu d'un accord collectif ou d'une décision unilatérale de l'employeur ou, s'il s'agit de travailleurs non salariés, sont versées au titre d'un contrat d'assurance de groupe, peuvent être admises, sous certaines conditions et dans certaines limites, en déduction du revenu imposable. Il ne peut être envisagé d'aller au-delà de ces dispositions et d'admettre en déduction du revenu des cotisations versées auprès d'un organisme de prévoyance complémentaire dans le cadre d'une adhésion individuelle et facultative. En effet, la mise en place d'un régime de déduction généralisée de cotisations de cette nature, dont ne peuvent bénéficier par hypothèse que les contribuables imposables, aurait, pour un avantage individuel très faible, un coût budgétaire particulièrement élevé. Le Gouvernement a préféré consentir un effort budgétaire important en faveur de l'accès aux soins des personnes les plus démunies. C'est l'objectif de la loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 portant création d'une couverture maladie universelle qui, depuis le 1er janvier 2000, permet à l'ensemble de la population qui en était encore exclue de bénéficier des prestations en nature d'un régime de base d'assurance maladie et maternité et offre aux personnes disposant de ressources les plus faibles une couverture complémentaire gratuite en matière de santé assortie d'une dispense d'avance de frais. La loi du 27 juillet 1999 contient en outre des dispositions destinées à favoriser le développement des régimes collectifs de prévoyance complémentaire dans les entreprises. Par ailleurs, s'agissant spécifiquement des personnes retraitées, différentes mesures permettent d'alléger de manière significative l'impôt sur le revenu dont elles peuvent être redevables. Ainsi, les contribuables qui sont âgés de plus de soixante-cinq ans au 31 décembre de l'année d'imposition bénéficient d'un abattement sur le revenu global dont le montant est revalorisé tous les ans. Pour l'imposition des revenus de l'année 1999, cet abattement est fixé à 10 000 francs lorsque le revenu net imposbale n'excède pas 62 300 francs et à 5 050 francs lorsque ce revenu est compris entre 62 300 francs et 100 600 francs. Le montant de cet abattement est doublé pour les foyers dans lesquels les époux sont tous deux âgés de plus de soixante-cinq ans. En outre, l'article 86 de la loi de finances pour 1999 a mis un terme au processus de réduction du plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions et retraites engagé par le précédent Gouvernement, en fixant ce plafond à 20 000 francs pour l'imposition des revenus de 1998 et, pour les années suivantes, en prévoyant son indexation sur la limite supérieure de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu. Le plafond de l'abattement s'établit ainsi à 20 100 francs pour l'imposition des revenus de l'année 1999. Toutes ces mesures témoignent de l'attention particulière que porte le Gouvernement à la situation des personnes les plus modestes et aux retraités.
Auteur : M. André Gerin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Impôt sur le revenu
Ministère interrogé : économie
Ministère répondant : économie
Dates :
Question publiée le 20 décembre 1999
Réponse publiée le 14 février 2000