Question écrite n° 40306 :
fêtes

11e Législature

Question de : M. Bruno Bourg-Broc
Marne (4e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Bruno Bourg-Broc attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur l'ampleur qu'a prise en 1999 l'opération principalement commerciale connue sous le nom d'Halloween, qui consiste en fait, par le recours à des objets tels que des déguisements de sorcières ou de citrouilles en matière plastique, à singer en France une fête typiquement américaine. Les festivités qui facilitent et consacrent l'invasion sur le sol français d'une culture étrangère, quoique amie, mettent en valeur des phénomènes extérieurs aux traditions françaises, alors que, justement, on assiste de façon regrettable à la disparition progressive de ces traditions populaires, autrefois vives dans tout le pays. En conséquence, il souhaite savoir quelles sont les intentions du Gouvernement pour raviver les fêtes traditionnelles françaises.

Réponse publiée le 14 février 2000

La question de l'honorable parlementaire concernant Halloween pose le problème de l'influence grandissante d'un système de référence culturelle unique venu d'outre-Atlantique. Toutefois, deux observations méritent d'être faites : la première renvoie à l'origine historique d'une telle pratique que certains ethnologues situent en terre celte. La Bretagne serait, selon ces thèses, un des épicentres de cette fête des morts, double grotesque et parfois cynique du mythe fondateur de l'Ankou. Autrement dit, Halloween ne serait qu'une réminiscence d'un culte né en terre franque. Ces thèses universitaires amènent plutôt à penser que de telles pratiques ritualisées appartiennent, en fait, à l'humanité tout entière, à certaines périodes de son développement et, sont propres à certaines classes d'âge, et qu'il est impossible de les considérer comme un produit seulement national, américain en l'occurrence ; la seconde concerne l'extrême difficulté d'une intervention ministérielle sur des pratiques qui relèvent de la liberté individuelle ; mieux vaut éviter de parer ces pratiques déjà très populaires auprès des jeunes de l'aura de l'interdit. A l'inverse, il faut renforcer, et c'est ce que le ministère de la culture et de la communication fait quotidiennement, l'attractivité de notre patrimoine tant bâti qu'ethnologique ou artistique, afin qu'Halloween et, surtout, le mercantilisme qui l'entoure ne constituent jamais une référence comparable aux manifestations populaires liées aux fêtes du 14 juillet, mais aussi aux journées du patrimoine ou à la fête de la musique.

Données clés

Auteur : M. Bruno Bourg-Broc

Type de question : Question écrite

Rubrique : Arts et spectacles

Ministère interrogé : culture et communication

Ministère répondant : culture et communication

Dates :
Question publiée le 17 janvier 2000
Réponse publiée le 14 février 2000

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