Question écrite n° 41728 :
carte nationale d'identité

11e Législature

Question de : M. Jean-Jacques Weber
Haut-Rhin (6e circonscription) - Union pour la démocratie française-Alliance

M. Jean-Jacques Weber attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les difficultés que rencontrent les ressortissants français nés à l'étranger ou de parents étrangers, lors du renouvellement de leurs papiers d'identité. En effet, lorsque ces ressortissants demandent un tel renouvellement, les services préfectoraux exigent à nouveau la présentation d'un certificat de nationalité. Des instructions ont été adressées par voie de circulaires aux préfets, prévoyant des cas de dispenses dudit certificat en faveur des personnes nées en France de parents étrangers et ayant acquis la nationalité française à leur majorité. Ces personnes doivent être en mesure de prouver leur possession d'état de Français pendant au moins les dix années précédant la date de leur demande de renouvellement de carte nationale d'identité. La possession d'état de Français, qui est une situation de fait, se démontre par la production de plusieurs documents officiels délivrés par l'administration française aux nationaux français. Or, dans la pratique, il s'avère que ces instructions ministérielles ne sont pas ou peu appliquées dans les préfectures. A titre d'exemple, il cite le cas d'un administré, né en France de parents étrangers, ayant acquis la nationalité française à sa majorité, ayant effectué ses obligations militaires, possesseur de la carte d'ancien combattant AFN, porteur du titre de reconnaissance de la nation, qui s'est vu réclamer la présentation d'un certificat de nationalité lors de sa demande de renouvellement de sa carte d'identité. Force est tout d'abord de constater que l'exigence de preuve de la possession d'état de Français pendant au moins dix années est démontrée par le simple fait de déposer l'ancienne carte d'identité périmée. On peut en effet logiquement penser que les autorités qui ont délivré l'ancienne carte d'identité n'ont pas procédé à cette délivrance à la légère, sans un contrôle approfondi des pièces justificatives produites à l'appui de la demande. On comprend aisément que ces tracasseries administratives, parfaitement inutiles, provoquent un sentiment de vexation, de brimade, voire d'humiliation auprès des personnes concernées. Il lui demande en conséquence quelles mesures urgentes il compte prendre afin de faire effectivement appliquer les instructions ministérielles données en la matière, et ainsi assurer à ces ressortissants français le service public auquel ils ont droit comme tous les autres citoyens.

Réponse publiée le 3 avril 2000

L'article 5 du décret n° 99-973 du 25 novembre 1999 modifiant le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité dispose que la preuve de la nationalité française du requérant est établie à partir des actes de l'état civil portant, le cas échéant, en marge, l'une des mentions prévues à l'article 28 du code civil. Lorsque les actes de l'état civil ne suffisent pas, par eux-mêmes, à établir la qualité de Français du requérant, celle-ci pourra être établie par la production de l'une des pièces justificatives de la nationalité mentionnées aux articles 34 et 52 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié ou d'un certificat de nationalité française. En dernière possibilité, certaines personnes nées à l'étranger ou en France peuvent bénéficier de l'application du concept e la possession d'état de Français. Pour ces personnes, une dispense de certificat de nationalité française est prévues à la condition, cependant, qu'elles puissent, de bonne foi, présenter au jour du dépôt de leur demande, une constante possession d'état de Français depuis au moins les dix dernières années. Cette possession d'état de Français est caractérisée par la production d'une ancienne carte nationale d'identité accompagnée de plusieurs autres documents de nature différente tels que : passeport, carte d'immatriculation consulaire, justificatif d'accomplissement des obligations militaires pour les hommes, carte électorale ou document prouvant l'appartenance à la fonction publique française. Concernant la situation de l'usager évoqué par l'honorable parlementaire, les documents produits ne permettaient pas de conclure à la possession d'état de Français de cette personne. C'est pourquoi il lui a été demandé de fournir un certificat de nationalité française.

Données clés

Auteur : M. Jean-Jacques Weber

Type de question : Question écrite

Rubrique : Papiers d'identité

Ministère interrogé : intérieur

Ministère répondant : intérieur

Dates :
Question publiée le 14 février 2000
Réponse publiée le 3 avril 2000

partager