dyslexie et dysphasie
Question de :
M. Jean-Marie Aubron
Moselle (8e circonscription) - Socialiste
M. Jean-Marie Aubron attire l'attention de Mme la ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire au sujet de la prise en charge des enfants dyslexiques dans l'enseignement primaire. Selon une récente proposition de loi, ce sont 5 à 10 % des enfants scolarisés qui présentent des troubles d'ordre dytslexiques ou dysphasiques, dont 4 % de façon sévère. Ces chiffres révèlent une situation alarmante, car, lorsque ces situations apparaissent de façon évidente aux adultes, il est souvent trop tard et l'enfant est déjà engagé dans une spirale négative. Pourtant, un dépistage des difficultés spécifiques d'apprentissage est possible et a fait l'objet de plusieurs propositions de loi, notamment de la part de MM. Berson (1987) et Kert (1999). La prise en charge des enfants qui vivent ces situations est très élevée pour la collectivité et pourrait être fortement diminuée par la prévention et le dépistage dès la fin de l'école maternelle. Ces constatations ont été relevées également par le groupe de travail dirigé depuis son installation en septembre 1999 par M. Ringart. C'est pourquoi il lui demande les suites que le Gouvernement entend donner à cette réflexion.
Réponse publiée le 18 septembre 2000
Conscients de la souffrance et des difficultés scolaires rencontrées par certains élèves atteints de graves troubles du langage oral ou écrit et d'une insuffisance des réponses apportées dans notre pays à ce problème, le ministère de l'éducation nationale a mis en place en novembre 1999 un groupe de travail dont l'animation a été confiée à Jean-Charles Ringart, inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de la Loire-Atlantique. La mission de ce groupe comportait trois volets : préciser la nature exacte du problème posé, évaluer l'état des réponses actuelles, avec leur efficience et leurs limites, formuler des recommandations. Ce groupe de travail, dont la composition a été voulue la plus large possible (représentants des administrations concernées, des syndicats d'enseignants et des fédérations de parents d'élèves, associations de professionnels), a auditionné vingt-huit experts. A l'issue de ces travaux, un rapport a été remis au ministre de l'éducation nationale en mai 2000. Le rapport souligne que la nature même de ces troubles rend leur repérage complexe. En effet, de nombreux élèves rencontrent des difficultés d'apprentissage, en lecture en particulier, et ne sont pas pour autant dyslexiques. Il s'agit en conséquence de rechercher des formes d'intervention permettant d'établir des diagnostics fiables et des prises en charge diversifiées, appropriées à la diversité des troubles ou difficultés, ainsi qu'à la sévérité variable des atteintes présentées par les enfants ou adolescents. Les recommandations contenues dans le rapport sont construites en réponse à des constats d'insuffisance qui concernent tant le repérage et le diagnostic de ces troubles que leur prise en charge pédagogique, rééducative et thérapeutique. Elles invitent à une étroite coopération des personnels de l'éducation nationale, enseignants spécialisés et non spécialisés, psychologues, médecins et des professionnels du secteur de la santé et de l'action sociale. C'est pourquoi le ministre de l'éducation nationale a choisi, d'une part, de rendre public le rapport de Jean-Charles Ringart, d'autre part, de demander, en accord avec Mme la secrétaire d'Etat à la santé et aux personnes handicapées, à une cellule interministérielle de traduire les recommandations en mesures concrètes, opérationnelles et précises, assorties d'un échéancier, dès la fin de l'année civile 2000.
Auteur : M. Jean-Marie Aubron
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : enseignement scolaire
Ministère répondant : éducation nationale
Dates :
Question publiée le 21 février 2000
Réponse publiée le 18 septembre 2000