affiliation
Question de :
M. Jean Bardet
Val-d'Oise (3e circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Jean Bardet appelle l'attention de Mme la secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur certains aspects de la couverture maladie universelle. Cette loi, adoptée dans le but louable d'un meilleur accès aux soins pour tous, risque fort à terme non seulement de ne pas atteindre cet objectif et de pénaliser les personnes les plus démunies, mais aussi de remettre en cause l'exercice libéral de la médecine notamment pour certains professionnels tels que les chirurgiens-dentistes. Elle s'avère en effet beaucoup moins avantageuse pour les personnes concernées que le dispositif d'assistance médicale gratuite précédent. Alors qu'il n'y avait aucun plafond de dépenses dans ce dernier, la CMU en a instauré un. Dès lors, se posent les problèmes d'une part de la continuité des soins pour les malades ayant dépensé la totalité de leur enveloppe mais dont l'état de santé nécessite encore des traitements, et d'autre part de l'information des praticiens sur le niveau de dépense atteint. Quel que soit le procédé envisagé, il semble par nature bien loin du désir de simplification qui présidait à l'instauration de ce texte. En outre, en cas d'utilisation totale de l'enveloppe, l'attitude des dentistes et autres professionnels reste à déterminer. Devront-ils refuser leurs soins conformément à ce que serait une médecine d'Etat à deux vitesses régie par une logique purement comptable, ou conformément à leur déontologie devront-ils soigner ? Face à toutes ces interrogations, il souhaiterait connaître sa position et sa définition, dans ces circonstances, du « bon usage des soins ».
Réponse publiée le 25 juin 2001
En instituant la protection complémentaire en matière de santé, ou couverture maladie universelle complémentaire, le législateur a entendu, au titre de la solidarité nationale, faire bénéficier les personnes les plus défavorisées d'une couverture santé complémentaire gratuite s'ajoutant à la prise en charge des soins par la sécurité sociale. La CMU complémentaire lève d'importantes barrières financières qui faisaient obstacle à l'accès aux soins, et ce pour environ 5 millions de personnes sur l'ensemble du territoire national en 2000. A cet égard, la prise en charge des frais de prothèses dentaires et d'orthopédie dentofaciale par la CMU complémentaire constitue une amélioration très significative de la couverture maladie pour l'ensemble de la population concernée en même temps qu'une solvabilisation de la demande de soins en la matière. En effet, la réglementation ne se borne pas à fixer les montants maxima remboursables par la CMU complémentaire en sus des tarifs de remboursement : lorsqu'il y a dépassement, elle fixe le montant maximum de ce dépassement, lequel est toujours égal au montant maximum pris en charge en sus du tarif. S'agissant de soins prothétiques inscrits à la nomenclature, et sous réserve de l'application de la règle du plafond, il n'y a donc pas de reste à la charge du bénéficiaire de la complémentaire CMU. En ce qui concerne la règle du plafonnement, le plafond de prise en charge, par la CMU complémentaire, des frais exposés, en sus des tarifs de responsabilité, est fixé à 2 600 francs par période de deux ans. Il a paru toutefois essentiel que les conditions de mise en oeuvre de ce plafonnement ne constituent pas une restriction de l'accès aux soins dentaires, contraire aux intentions du Gouvernement comme du législateur. C'est pourquoi le plafond n'est applicable ni aux frais afférents aux prothèses dentaires amovibles de dix dents ou plus, ni aux traitements d'orthopédie dento-faciale, ni en cas d'impérieuse nécessité constatée par le service de contrôle médical. Au demeurant, la mise en oeuvre de la CMU fait l'objet d'évaluations. Une durée de fonctionnement suffisamment longue est toutefois nécessaire pour que ces bilans donnent lieu à des conclusions suffisamment significatives. Elle est notamment nécessaire pour qu'il soit possible de distinguer, le cas échéant, les difficultés de fond des problèmes ponctuels de mise en place. Si les évaluations ainsi menées en montrent la nécessité, la règle du plafonnement pourrait alors donner lieu à réexamen.
Auteur : M. Jean Bardet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Assurance maladie maternité : généralités
Ministère interrogé : santé et action sociale
Ministère répondant : santé
Renouvellement : Question renouvelée le 12 février 2001
Dates :
Question publiée le 27 mars 2000
Réponse publiée le 25 juin 2001