cancer du côlon
Question de :
M. Jean Bardet
Val-d'Oise (3e circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Jean Bardet appelle l'attention de Mme la secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur certaines lacunes du plan cancer qu'elle a présenté le 1er février dernier. En effet, alors que le Gouvernement reconnaît l'importance du dépistage et de la prévention ainsi que leur capacité à diminuer la mortalité, il renvoie le dépistage du cancer côlorectal à une date inconnue. Cette pathologie est pourtant responsable de 15 000 décès annuels en France. Avec 33 000 nouveaux cas diagnostiqués c'est, selon le sexe, le deuxième ou le troisième cancer par ordre de fréquence. Face à ce fléau, un test, sans risque, a démontré son efficacité en diminuant de 30 à 40 % la mortalité par cancer côlorectal de ses utilisateurs de plus de cinquante ans. Les connaissances scientifiques ayant prouvé qu'il s'agit d'un cancer dépistable, la responsabilité de l'Etat est désormais engagée. Par une politique réellement volontariste, il est en mesure de prévenir l'extension de la mortalité par cancer mais aussi d'éviter la dispensation de soins pénibles et coûteux. En conséquence, il lui demande si elle entend mettre fin à l'inertie des pouvoirs publics en la matière.
Réponse publiée le 4 septembre 2000
Le cancer colorectal constitue un véritable enjeu de santé publique et ce dépistage, permettant un diagnostic précoce, doit permettre d'en diminuer la mortalité. Il s'agit d'une priorité du plan gouvernemental de lutte contre les cancers annoncé le 1er février 2000 par la secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés. Depuis deux ans, dans le domaine du dépistage, le Gouvernement a mis en place différentes mesures. Les dispositions adoptées dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999 permettent de définir les conditions d'un dépistage, en garantissant l'égal accès de tous sur l'ensemble du territoire, la qualité des actes réalisés dans ce cadre et leur gratuité. Deux décrets signés le 2 juin dernier suppriment la participation des assurés aux frais de dépistage réalisés dans ce cadre. Pour le dépistage du cancer colorectal, un groupe technique rattaché au directeur général de la santé, mis en place en 1999, a été chargé d'établir le cahier des charges de ce dépistage. Ce groupe a terminé son travail à la fin de 1999. Ses recommandations rejoignent le travail réalisé par la Société française de gastro-entérologie, qui a également remis ses propositions au Gouvernement au mois de mars 2000. Lors du dernier comité de suivi du plan national de lutte contre le cancer, le 30 mai 2000, en se fondant sur ces travaux, les prochaines étapes ont été définies avec les professionnels. Elles sont constituées par la mise en place de comités régionaux de pilotage du dépistage du cancer colorectal et de structures départementales de gestion permettant de suivre la réalisation du dépistage par test Hémocult II RT, tous les deux ans, chez les personnes de cinquante à soixante-quatorze ans. Dès cette année, plusieurs départements vont s'engager dans cette démarche, ainsi que l'ensemble des professionnels, médecins généralistes, pharmaciens, médecins spécialistes.
Auteur : M. Jean Bardet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : santé et action sociale
Ministère répondant : santé et handicapés
Dates :
Question publiée le 27 mars 2000
Réponse publiée le 4 septembre 2000