politique à l'égard des handicapés
Question de :
M. Jean Rigaud
Rhône (5e circonscription) - Démocratie libérale et indépendants
M. Jean Rigaud attire l'attention de Mme la secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés sur la situation des personnes handicapées psychiques. Le plan gouvernemental présenté le 25 janvier 2000 au comité national consultatif des personnes handicapées se donne deux objectifs, garantir une solidarité vigilante en faveur de ceux que le handicap a le plus durement touchés et favoriser l'autonomie de tous ceux qui peuvent s'intégrer dans le milieu de vie ordinaire. Pour y répondre, vingt-deux mesures sont proposées, mais elles s'adressent aux personnes qui peuvent s'intégrer dans le milieu ordinaire. Or environ un million de personnes souffrent en France de troubles psychiques et se trouvent exclues de ces dispositifs. Elles ont la douloureuse particularité de n'être admises nulle part : les responsables de la santé estiment qu'elles relèvent d'une prise en charge à caractère social tandis que les professionnels du social considèrent qu'elles souffrent d'un problème de santé. Il lui demande si elle envisage de réaliser une étude approfondie sur l'accompagnement des handicapés psychiques afin de mettre en place des mesures spécifiques en leur faveur. - Question transmise à Mme la ministre déléguée à la famille, à l'enfance et aux personnes handicapées.
Réponse publiée le 9 juillet 2001
Le Gouvernement mène une politique déterminée en direction des personnes handicapées qui consiste à privilégier, chaque fois que cela est possible, l'intégration dans le milieu de vie ordinaire et vise à répondre aux besoins des personnes les plus lourdement handicapées. Le Premier ministre a annoncé, lors de la réunion du Conseil national consultatif des personnes handicapées du 25 janvier 2000, des mesures nouvelles, assorties d'un financement supplémentaire de 1,5 milliard de francs. A l'échéance 2003, eu égard à l'effort financier précédemment décidé dans le cadre du plan pluriannuel (1999-2003) de création des places dans les établissements pour personnes adultes lourdement handicapées, 2,5 milliards de francs auront été mobilisés par le Gouvernement pour que nos concitoyens handicapés puissent trouver la place qu'ils revendiquent légitimement dans une société plus juste et plus fraternelle. S'agissant plus particulièrement des personnes souffrant de troubles psychiques stabilisés, plusieurs de ces mesures sont de nature à faciliter et à améliorer leur vie en milieu ordinaire. C'est ainsi que 200 millions de francs seront spécifiquement consacrés, sur la période 2001-2003, au financement de plus de 3 000 postes d'auxiliaires de vie. Par ailleurs, un décret réglementera prochainement la mise en place de services polyvalents d'accompagnement et de soins à domicile. Ceux-ci pourront intervenir aussi bien auprès de personnes âgées malades ou dépendantes qu'auprès de personnes handicapées adultes, et 45 millions de francs spécifiquement consacrés, sur la période 2001-2003, à la création de places dans ces services, au profit des personnes handicapées. Les personnes touchées par l'évolution ou les séquelles d'un trouble psychique grave et durable bénéficient, au même titre que les autres personnes handicapées, de l'action engagée par le Gouvernement pour répondre aux besoins des plus lourdement handicapés. Cette action déterminée s'inscrit dans la durée et aura pour conséquence la création de 16 500 places dans les établissements pour adultes handicapés à l'échéance 2003. C'est dans ce cadre que la création de places en maisons d'accueil spécialisées et en foyers à double tarification se poursuivra. Cependant, conscient des difficultés rencontrées par les personnes souffrant d'un handicap psychique, le Gouvernement estime qu'une attention particulière doit leur être portée. Il serait notamment nécessaire d'analyser la nature des handicaps psychiques et leur diversité, d'évaluer l'importance de la population en cause et de proposer des solutions de nature à encourager l'intégration des personnes concernées. C'est pourquoi une concertation avec les associations représentatives concernées a été engagée afin de déterminer les modalités d'une approche plus spécifique de ce handicap. Dans ce cadre, une mission parlementaire est actuellement à l'étude.
Auteur : M. Jean Rigaud
Type de question : Question écrite
Rubrique : Handicapés
Ministère interrogé : santé et handicapés
Ministère répondant : famille, enfance et personnes handicapées
Renouvellement : Question renouvelée le 5 février 2001
Dates :
Question publiée le 29 mai 2000
Réponse publiée le 9 juillet 2001