Question écrite n° 48107 :
quotient familial

11e Législature

Question de : M. François Colcombet
Allier (1re circonscription) - Socialiste

M. François Colcombet souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les disparités fiscales entre un couple marié et les personnes célibataires ou divorcées, ayant un ou plusieurs enfants majeurs. Ces dernières bénéficient d'une part et demie chacune. Si ces mêmes personnes décident de se marier et ont par la suite un enfant, ils n'auront cependant droit qu'à deux parts et demi ; ils perdraient donc une demi-part. Dans la même situation, mais non marié (concubinage par exemple), l'un aurait deux parts, l'autre une part et demie ; soit une perte d'une part. Ces différences pourraient sans conteste être ressenties comme un découragement vis-à-vis du mariage, pénalisant fiscalement les couples recomposés. Aussi il lui demande de bien vouloir lui préciser les raisons de ces inégalités.

Réponse publiée le 1er janvier 2001

L'assiette et le calcul de l'impôt sur le revenu sont fondés sur les notions de foyer fiscal et de quotient familial. C'est pourquoi les personnes mariées sont soumises à une imposition commune et bénéficient de deux parts de quotient familial. Les personnes qui vivent en union libre sont assimilées à des célibataires et imposées distinctement en fonction d'un quotient familial égal à une part. Le mécanisme du quotient constitue un avantage certain pour de nombreux couples mariés, notamment lorsqu'il existe une disparité importante dans le montant des revenus de chacun des membres du foyer. Par ailleurs, les dispositions de l'article 194 du code général des impôts établissent une stricte neutralité fiscale entre personnes mariées et concubins au regard de la prise en compte de leurs charges familiales. Ainsi, l'existence d'un enfant à charge ouvre droit, dans un cas comme dans l'autre, à une demi-part supplémentaire de quotient familial, soit deux parts et demie pour les couples mariés et une part et demie pour le membre du couple de concubins comptant l'enfant à charge. Certes, en présence d'un enfant majeur imposé distinctement, les contribuables sans charge de famille qui vivent en union libre bénéficient d'une demi-part supplémentaire de quotient familial dès lors qu'ils sont fiscalement assimilés à des célibataires. Au regard des principes qui régissent le quotient familial, dont l'objet est de proportionner l'impôt au nombre de personnes qui vivent du revenu du foyer, cette majoration constitue une réelle dérogation. C'est pourquoi l'avantage en impôt qui en résulte fait l'objet d'une limitation spécifique égale à 6 130 francs pour l'imposition des revenus de 1999. De ce fait, la situation des personnes mariées et celle des contribuables qui vivent en union libre ne fait pas l'objet de disparités sensibles en matière d'impôt sur le revenu.

Données clés

Auteur : M. François Colcombet

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impôt sur le revenu

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 26 juin 2000
Réponse publiée le 1er janvier 2001

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