contraception
Question de :
Mme Muguette Jacquaint
Seine-Saint-Denis (3e circonscription) - Communiste
Mme Muguette Jacquaint attire l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la diffusion du préservatif féminin reconnu comme un moyen fiable de se protéger contre la contamination par le virus du SIDA. Toutes les études d'opinion en témoignent : la lutte contre le SIDA est une des préoccupations majeures des citoyennes et des citoyens. Cette préoccupation est d'autant plus légitime que le nombre des nouvelles contaminations par le virus du SIDA en France chaque année est estimé entre 4 000 et 6 000. Les femmes représentent une part de plus en plus importante de victimes du SIDA. Les contaminations par relation hétérosexuelle sont plus nombreuses. Elles concernent particulièrement les femmes en situation de précarité sociale, économique et affective. Des études montrent que les rapports inégaux entre hommes et femmes constituent aussi un terrain favorable à l'extension de l'épidémie. Si chacun reconnaît la nécessité de développer une véritable politique de santé publique et de prévention, force est de reconnaître que les moyens de se prémunir de la transmission du VIH par voie sexuelle sont peu nombreux. L'ONUSIDA, le programme des Nations-Unies contre le SIDA, les associations de quartier, les organisations féministes, les professionnels de santé, les acteurs de la prévention considèrent que le préservatif féminin constitue un moyen fiable pour se protéger, techniquement adapté, à condition que sa promotion fasse l'objet d'une véritable démarche pédagogique. Le préservatif féminin est aussi un véritable outil au service des femmes et de leur autonomie. En dépit de quelques annonces et de campagnes ponctuelles et isolées, dont celle menée actuellement en Seine-Saint-Denis, la diffusion du préservatif féminin reste confidentielle. D'ailleurs, combien de nos concitoyennes, combien de nos concitoyens connaissent ne serait-ce que son existence ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la diffusion du préservatif féminin vient seulement d'atteindre 600 000 unités depuis son arrivée en France, ce qui est extrêmement bas. A 10 francs l'unité, le préservatif féminin reste inabordable pour l'immense majorité des citoyennes. La mise à disposition gratuite du préservatif féminin dans tous les lieux d'accueil spécifiques (PMI, plannings familiaux, centre de dépistage, services de gynécologie...) reste un objectif à atteindre. Au moment où nous commençons à mettre en oeuvre une politique volontariste pour l'égalité entre les hommes et les femmes dans la sphère publique, il serait légitime d'assurer aux femmes l'accès à tous les moyens possibles pour vivre et décider de leur sexualité. C'est pourquoi elle lui demande les mesures qu'elle envisage de prendre pour permettre la généralisation et donc la banalisation de l'usage du préservatif féminin, moyen de garantir aux femmes le droit de choisir leur moyen de prévention contre le SIDA, leur permettant ainsi de conforter la maîtrise de leur corps, la maîtrise de leur vie.
Réponse publiée le 2 juillet 2001
Le préservatif féminin est reconnu comme un moyen fiable de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) dont le virus du sida. Cet outil est promu auprès de certaines femmes depuis le début de l'année 1999, date de la mise en place d'un programme de prévention des risques sexuels spécifique aux femmes grâce à une convention triennale avec le Mouvement français du planning familial. Il réduit la vulnérabilité des femmes et leur permet de prendre en charge de façon autonome leur propre santé. Cet outil joue donc un rôle décisif dans les démarches de sensibilisation des femmes aux risques sexuels et permet d'y apporter une réponse pertinente. Depuis le début de l'année 2001, afin d'améliorer l'accessibilité de cet outil, le réseau de diffusion payant a été étendu à deux chaînes d'hypermarché. La promotion de ce moyen de prévention des risques sexuels, encore relativement confidentiel, vient d'être largement réalisée dans le cadre de la campagne de communication sur le VIH qui a lieu au début de l'année 2001. Dans l'annonce insérée dans la presse s'adressant aux hommes, le préservatif féminin était évoqué. Dans l'annonce parue dans la presse nationale le 8 mars 2001 (journée de la femme), des femmes célèbres disaient l'utiliser. Dans l'annonce parue dans la presse féminine, le préservatif féminin était présenté. Le mode d'emploi du préservatif féminin est expliqué dans le livret « l'Amour en questions », édité dans le cadre de cette campagne et largement diffusé : 400 000 exemplaires ont été imprimés, dont 225 000 diffusés à ce jour par le Comité français d'éducation pour la santé (CFES) auprès des relais institutionnels et associatifs ainsi qu'aux gynécologues et aux plannings familiaux ; dans le cadre d'un partenariat avec un groupe d'hypermarchés, 160 000 exemplaires supplémentaires ont été édités et sont diffusés dans les parapharmacies. Toutefois, il est indéniable que des freins empêchent actuellement une diffusion plus large, parmi lesquels : son acceptabilité par les femmes qui doit être améliorée (à cet effet, une étude est en cours dont les résultats seront prochainement disponibles) ; le prix actuel peut, par ailleurs, être dissuasif (pas moins de 7 francs en officine). L'arrivée récente sur le marché d'un nouveau produit en latex pourrait contribuer à sa diminution. Il convient de signaler que la mise à disposition gratuite de ce produit auprès de femmes en situation de précarité par des associations dans le cadre d'actions soutenues par l'Etat est importante.
Auteur : Mme Muguette Jacquaint
Type de question : Question écrite
Rubrique : Femmes
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 25 juin 2001
Dates :
Question publiée le 17 juillet 2000
Réponse publiée le 2 juillet 2001