médecins
Question de :
M. Patrick Braouezec
Seine-Saint-Denis (2e circonscription) - Communiste
M. Patrick Braouezec souhaite attirer l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la possibilité pour les médecins ayant acquis leur spécialité hors de France de concourir aux épreuves d'aptitude aux fonctions de praticien adjoint contractuel (PAC) dans leur spécialité. L'article 4 de l'arrêté du 22 mai dernier relatif à l'organisation de ces épreuves apparaît écarter des modalités d'inscription les médecins à diplôme de spécialité étranger, qui ne seraient admis à concourir qu'aux épreuves de médecine polyvalente. L'exigence de la justification d'un diplôme de spécialité français est lourd de conséquences pour les intéressés et ne permettra pas la valorisation de leurs compétences et de leur expérience spécifiques au service de la fonction hospitalière. Ces compétences sont, en actes si pas en droits et rémunération, quotidiennement reconnues et mises en oeuvre dans les hôpitaux français et il s'agit en l'espèce simplement de permettre aux intéressés de participer à un concours susceptible de les valider. L'orientation proposée vers la médecine polyvalente présente le double désavantage d'une perte de compétences pour les hôpitaux et d'être peu accessibles à des candidats dont les études et la pratique de médecine générale sont, après plusieurs voire une quinzaine d'années d'expérience comme spécialiste, anciennes. Le risque est donc grand de voir ces médecins demeurer dans le statut précaire qui est le leur, dont le PAC et la volonté politique affirmée, sont précisément destinés à leur permettre de sortir. C'est plus particulièrement le cas des médecins psychiatres à diplôme étranger dont il serait souhaitable que le faible nombre, les besoins avérés des hôpitaux et le soutien du syndicat regroupant la majorité des psychiatres, permette, au moyen d'instructions en ce sens adressées aux DRASS, l'admission à concourir dans l'attente d'une remise à plat plus globale du dispositif. Un psychiatre confirmé ne fait pas nécessairement un médecin polyvalent compétent. Au total, la possibilité offerte à ces médecins de concourir dans leur spécialité au travers de la modification de l'arrêté du 22 mai sur ce plan constituerait une première traduction des conclusions du rapport consacré aux emplois fermés, rendu par le Groupe d'étude sur les discriminations, opportunément mis en place par le ministère. En conséquence, il lui demande de bien vouloir préciser les mesures qu'elle peut mettre en oeuvre pour permettre aux médecins à diplôme de spécialité étranger de concourir aux épreuves d'aptitude de PAC dans leur spécialité.
Réponse publiée le 28 mai 2001
La ministre de l'emploi et de la solidarité précise que l'arrêté interministériel relatif à l'organisation des épreuves nationales d'aptitude à la fonction de praticien adjoint contractuel fixe les modalités d'exécution du dispositif mis en place par les articles 60 et 61 de la loi du 27 juillet 1999. Ces dispositions ont pour finalité la régularisation en qualité de praticien adjoint contractuel en médecine polyvalente ou en médecine spécialisée, des médecins et des pharmaciens titulaires de diplômes étrangers en situation de précarité dans les établissements de santé. L'exigence de diplômes de spécialisation ne saurait être considérée comme une entrave à la régularisation de ces médecins dès lors que cette exigence relève du droit commun de l'exercice de la médecine en France conformément à l'article L. 4131-1 du code de la santé publique. C'est pourquoi, les médecins spécialistes peuvent se présenter aux épreuves de praticien adjoint contractuel dans la discipline qui leur a été reconnue par leur formation en France et validée par un diplôme spécifique. A défaut, les médecins non titulaires d'un de ces diplômes peuvent s'inscrire en médecine polyvalente. Toutefois, conscient des difficultés rencontrées par certains médecins pour faire valider leur formation et leurs compétences acquises en France ou à l'étranger, le projet de loi de modernisation sociale présenté actuellement au Parlement prévoit, couplée à la réforme de l'internat, l'organisation de nouvelles règles d'accès à la formation de troisième cycle ainsi que l'institution de conditions nouvelles pour l'obtention d'un diplôme qualifiant de spécialiste. Par ailleurs, d'ores et déjà, au vu des besoins avérés en milieu hospitalier dans la discipline de la psychiatrie, l'arrêté du 22 mai 2000 relatif à l'organisation des épreuves nationales d'aptitude à la fonction de praticien adjoint contractuel, modifié par l'arrêté du 1er février 2001, autorise la candidature des médecins étrangers non titulaires de diplôme dans cette spécialité s'ils justifient de trois ans de fonctions hospitalières effectives dans un service de psychiatrie.
Auteur : M. Patrick Braouezec
Type de question : Question écrite
Rubrique : Professions de santé
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Dates :
Question publiée le 31 juillet 2000
Réponse publiée le 28 mai 2001