taux
Question de :
M. Jean-Pierre Foucher
Hauts-de-Seine (12e circonscription) - Union pour la démocratie française-Alliance
M. Jean-Pierre Foucher attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'application d'un taux réduit de TVA à l'ensemble du secteur de la restauration. Différents taux de TVA s'appliquent à ce secteur selon qu'il s'agit de restauration en salle, à emporter ou de cantine. Face à une concurrence difficile, les professionnels souhaitent depuis plusieurs années l'harmonisation des taux à 5,5 %, ce qui simplifierait la fiscalité dans l'ensemble de cette branche d'activité et entraînerait une égalité de traitement fiscal. Cette mesure permettrait également de lutter contre la fraude et l'évasion fiscale, et faciliterait l'insertion des professionnels de la restauration dans le droit commun du travail. Le coût de cette disposition est évalué par les professionnels à 6,5 millions de francs, ce qui est largement inférieur aux estimations du ministère. La compensation serait faite par l'important potentiel d'emplois qu'offre le secteur de la restauration. Enfin, l'obstacle du droit communautaire régulièrement avancé par les pouvoirs publics n'a plus lieu d'être puisque actuellement sept pays de l'Union européenne ont obtenu pour ce secteur particulier des dérogations de taux réduit. Il lui demande en conséquence de bien vouloir préciser pourquoi une telle mesure n'a pas été retenue par le Gouvernement dans l'élaboration du budget pour 2001 et s'il entend modifier sa position au regard des avantages économiques et fiscaux attendus de l'application d'un taux réduit de TVA.
Réponse publiée le 29 janvier 2001
La directive du 19 octobre 1992 relative au rapprochement des taux de TVA ne permet pas à la France d'appliquer à la restauration traditionnelle un taux de TVA autre que le taux normal. Elle n'a, sur ce point, pas été modifiée par la directive relative aux services à forte intensité de main-d'oeuvre dès lors que la restauration ne figure pas sur la liste arrêtée lors du conseil Ecofin du 8 octobre 1999. Cela étant, toutes les opérations de ventes à consommer sur place du secteur de la restauration commerciale sont, quels que soient leur forme, leur appellation ou l'établissement dans lequel elles sont réalisées, soumises au taux normal de la TVA. Seules les ventes à emporter de produits alimentaires ou de plats préparés bénéficient du taux réduit. A cet égard, il est rappelé que les établissements de restauration rapide sont, quelle que soit leur spécialité, également soumis à ces règles. Ils sont ainsi imposables au taux normal de la TVA pour leurs ventes à consommer sur place de produits alimentaires, de plats préparés ou de boissons et ne sont soumis au taux réduit qu'au titre de leurs ventes à emporter. Ces dispositions ne sont donc pas susceptibles de créer de distorsions de concurrence entre les différentes formes de restauration. En outre, huit autres membres de l'Union européenne soumettent la restauration à des taux de TVA compris entre 15 et 25 %. Il n'y a donc pas d'exception française dans ce domaine. Par ailleurs, le Gouvernement est attentif à la situation de la restauration française qui concourt à faire de notre pays la première destination touristique en Europe et il convient de reconnaître que ce secteur est en pleine expansion, comme en témoigne l'importance des offres d'emplois qui y sont proposées. Enfin, la réduction des cotisations patronales mise en oeuvre depuis quelques années et confirmée par le Gouvernement bénéficie particulièrement au secteur de la restauration.
Auteur : M. Jean-Pierre Foucher
Type de question : Question écrite
Rubrique : Tva
Ministère interrogé : économie
Ministère répondant : économie
Dates :
Question publiée le 25 septembre 2000
Réponse publiée le 29 janvier 2001