écoles
Question de :
M. Pascal Terrasse
Ardèche (1re circonscription) - Socialiste
M. Pascal Terrasse attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur la situation des écoles annexes. Depuis la création des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), en 1991, les écoles qui y sont rattachées se trouvent dans une situation de vide juridique. Dans certaines communes, des accords ont été passés entre la municipalité et le conseil général. Dans d'autres, la situation n'a pas évolué, les collectivités locales refusant de prendre à leur charge les frais de rénovation ou de fonctionnement. Les IUFM procèdent alors souvent à une action de désengagement, ne prenant à leur compte que temporairement le maintien des écoles annexes. Il résulte de cette situation que les parents d'élèves ont tendance à délaisser ces écoles, car ils doutent de leur maintien en service. D'autre part, les maîtres des écoles qui sont en formation risquent, à terme, de ne plus disposer d'un moyen aisé de suivre des stages en situation. Enfin, le vide juridique dans lequel se trouvent les écoles annexes ne peut être que préjudiciable à leur bon fonctionnement, en particulier quand il faudrait entreprendre des travaux pour assurer la sécurité de l'ensemble de la communauté éducative. Au regard de ces différents éléments, il lui demande quelle est sa position face au problème des écoles annexes, notamment en ce qui concerne l'absence de statut juridique les régissant.
Réponse publiée le 22 décembre 1997
Antérieurement à la création des IUFM, l'entretien des écoles annexes, installées auprès des écoles normales pour accueillir pendant leurs stages les instituteurs-stagiaires formés dans ces écoles, était à la charge des départements. La loi du 22 juillet 1983 relative à la décentralisation des compétences en matière d'enseignement aux communes, départements, régions n'a pas modifié cette situation. La loi du 4 juillet 1990 relative aux droits et obligations de l'Etat concernant les IUFM prévoit que « les biens meubles et immeubles affectés aux écoles normales primaires et à leurs écoles annexes (leur) seront affectés ». Cette loi permet également aux départements d'opter entre deux régimes : le maintien de la participation départementale (art. 2 de la loi du 4 juillet 1990), en application duquel le département continue à exercer les responsabilités du propriétaire et à participer au fonctionnement des biens affectés aux IUFM (dont les écoles annexes existantes). Les conditions et modalités du maintien de cette participation sont fixées par une convention conclue entre l'Etat et le département ; la mise à disposition de l'Etat (art. 3 de la loi du 4 juillet 1990), par laquelle l'Etat se substitue au département dans ses droits et obligations relatifs aux biens mis à disposition et affectés aux IUFM (dont les écoles annexes existantes). En contrepartie de la prise en charge directe par l'Etat des dépenses incombant antérieurement au département (notamment maintenance du propriétaire), un prélèvement d'un montant égal à celui constaté par convention conclue entre l'Etat et le département est effectué sur la dotation générale de décentralisation (DGD) du département, affecté au budget de l'enseignement supérieur, et reversé à l'IUFM de l'académie concernée. Dans un cas comme dans l'autre, la transformation d'une école annexe en école communale de droit commun demeure possible. Elle est effective au terme d'une procédure qui comprend plusieurs étapes : suppression de l'école annexe (par arrêté ministériel), désaffectation des biens des écoles annexes (par arrêté préfectoral), création d'une école communale (par décision du conseil municipal), dans les locaux vendus, loués ou mis à disposition par le département. Cette opération suppose d'obtenir un accord préalable de tous les partenaires intéressés à sa réalisation, permettant de mener à bien les négociations sur les modalités financières du transfert aux communes des ressources correspondant au transfert de charges, sur la base des moyens consacrés à ces écoles par les départements (dans le cas du maintien de sa responsabilité) ou par les IUFM (dans le cas d'une mise à disposition de l'Etat).
Auteur : M. Pascal Terrasse
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement maternel et primaire
Ministère interrogé : éducation nationale, recherche et technologie
Ministère répondant : éducation nationale, recherche et technologie
Dates :
Question publiée le 27 octobre 1997
Réponse publiée le 22 décembre 1997