Djibouti
Question de :
Mme Chantal Robin-Rodrigo
Hautes-Pyrénées (3e circonscription) - Radical, Citoyen et Vert
Mme Chantal Robin-Rodrigo appelle l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sur la situation à Djibouti. En effet, si quelques avancées ont été enregistrées après la réunion de la commission mixte, qui s'est tenue à Paris les 13 et 14 décembre 1999, les actes concrets ne suivent pas les déclarations officielles. L'armée n'est pas rentrée dans les casernes et elle est encore très présente sur le territoire, perturbant considérablement la vie quotidienne des habitants. Dans la partie nord du pays, une épidémie de choléra sévit actuellement et les ONG ne peuvent y accéder. Par ailleurs, le 7 février dernier, le Gouvernement et le Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (FRUD) ont bien signé un accord-cadre pour mettre fin à la guerre civile qui déchire le pays depuis 1991. Des commissions spécialisées ont bien été mises en place et le FRUD a déposé, le 27 juillet 2000, des propositions écrites mais, à ce jour, le Gouvernement n'y a donné aucune suite et semble vouloir laisser les choses en l'état. Elle lui demande donc, en conséquence, quelles initiatives le Gouvernement français compte prendre pour, qu'enfin, Djibouti connaisse la paix civile et la démocratie.
Réponse publiée le 18 décembre 2000
Après la signature, le 7 février 2000, d'un accord cadre de concorde civile entre les autorités djiboutiennes et les membres du FRUD armé qui ne s'étaient pas associés à l'accord de paix de décembre 1994, préférant poursuivre leur combat, la situation intérieure en République de Djibouti connaît une accalmie sur le plan sécuritaire. Les négociations entre le FRUD armé et les autorités se poursuivent afin de mettre en oeuvre ce second accord. Les discussions portent sur quatre points : « décentralisation », « réhabilitation et indemnisation », « paix civile et sécurité » et « réforme démocratique » qui ont donné lieu à la constitution d'autant de commissions techniques. Dans l'attente d'une entente sur l'ensemble des sujets en discussion, notamment le désarmement des membres du FRUD, l'armée djiboutienne demeure, pour des questions de sécurité, présente dans le nord du pays, tout en ayant suspendu ses opérations. Sa présence à Djibouti-ville, où la sécurité est assurée par les forces de police, est en revanche faible. Le Nord du pays, fortement touché par les combats entre l'armée et le FRUD entre 1991 et 1994 puis par les opérations liées aux activités du FRUD dissident jusqu'en 2000, fait encore figure de région défavorisée, dont les autorités connaissent les besoins en matière de développement. C'est néanmoins à Djibouti-ville que s'est déclarée l'épidémie de choléra, phénomène récurrent à Djibouti, qui a touché quelques centaines de personnes en juin et juillet derniers. Les autorités sanitaires ont été aidées dans leurs efforts pour juguler la maladie par les médecins français présents au titre de la coopération. Notre ambassade à Djibouti n'a, par ailleurs, pas eu connaissance de difficultés que les ONG ayant souhaité entreprendre une action sanitaire dans les zones contaminées auraient rencontrées du fait des autorités djiboutiennes. Actuellement, la France, dont l'action en faveur du développement économique et social de la République de Djibouti est orientée de manière à contribuer à l'enracinement d'une culture de la démocratie par la réduction des inégalités, ne peut qu'encourager les autorités et les membres du FRUD armé à poursuivre leurs discussions afin d'aboutir à un accord satisfaisant pour les deux parties.
Auteur : Mme Chantal Robin-Rodrigo
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : coopération
Ministère répondant : coopération
Dates :
Question publiée le 6 novembre 2000
Réponse publiée le 18 décembre 2000