politiques communautaires
Question de :
M. Philippe Armand Martin
Marne (6e circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Philippe Martin attire l'attention de Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement sur la transposition de l'article 4 de la directive n° 79/409/CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages et des articles 4 et 6 de la directive n° 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que la faune et la flore sauvage. En effet, ces directives restent assez vagues, notamment quant au terme « perturbation » qui y figure. Ce flou inquiète ceux qui pratiquent les sports automobiles, tel que le 4 x 4. A quel moment ces activités seraient perturbatrices ? Et que compte-t-elle faire pour leur permettre de circuler et pratiquer leur loisirs si trop de zone leur sont interdites ? Sachant que cette transposition touche à des intérêts sensibles, particulièrement en zone rurale, il lui demande quelles mesures elle compte prendre pour concilier la liberté de circuler et la protection de l'environnement.
Réponse publiée le 9 juillet 2001
La ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement a pris connaissance, avec intérêt, des questions concernant la mise en oeuvre des directives « Habitats » et « Oiseaux » et plus particulièrement le réseau Natura 2000 et ses implications en matière de circulation sur les chemins. La mise en place du réseau Natura 2000 ne modifie pas le droit existant en matière de circulation de véhicules ou de personnes. L'ordonnance du 11 avril 2001 transpose en droit national les dispositions relatives au réseau Natura 2000 des directives « Habitats » et « Oiseaux » ; ce texte ne crée pas de réglementation spécifique à ces zones mais valorise le contrat comme outil de gestion des habitats naturels et des espèces d'intérêt communautaire. Il n'y a donc lors de la mise en place du réseau Natura 2000 aucune interdiction systématique de circuler sur les chemins, qui se superposerait aux lois et règlements en vigueur. Dans l'éventualité d'un conflit ponctuel entre une activité de loisir vert et la gestion conservatrice d'un site Natura 2000, celui-ci serait abordé de façon transparente dans le cadre de l'élaboration du document d'objectifs, comme pour toute autre activité. En outre, il faut rappeler que les maires et les préfets de département concernés ont compétence pour prendre des arrêtés réglementant la circulation de véhicules, respectivement au titre des articles L. 213-4 et L. 2215-3 du code général des collectivités territoriales. Par ailleurs, la notion de « perturbation » au sens de la directive « Habitats » a fait l'objet d'un groupe de travail au sein du comité national de concertation et de suivi de Natura 2000. Les conclusions de ce groupe de travail portaient uniquement sur l'activité de la chasse, les autres activités devant être étudiées au cas par cas dans le cadre de l'élaboration du document d'objectifs de chaque site. La notion de « perturbation » au sens de la directive « Oiseaux » a également fait l'objet d'un groupe de travail qui a permis de lister pour chaque espèce d'oiseau les activités susceptibles d'être « perturbantes ». Par exemple les loisirs motorisés ne sont susceptibles de « perturber » que deux espèces : le gypaète barbu et l'alouette calandrelle. Cela signifie que dans les zones de protection spéciales (ZPS) désignées pour ces deux espèces, une attention plus particulière sera portée sur les activités de loisirs motorisés.
Auteur : M. Philippe Armand Martin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Environnement
Ministère interrogé : aménagement du territoire et environnement
Ministère répondant : aménagement du territoire et environnement
Dates :
Question publiée le 5 mars 2001
Réponse publiée le 9 juillet 2001