opérations de vote
Question de :
M. Gilbert Gantier
Paris (15e circonscription) - Démocratie libérale et indépendants
M. Gilbert Gantier attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur le fait qu'à l'occasion des récentes élections municipales il s'est parfois révélé difficile pour les maires, notamment dans les grandes villes où les bureaux de vote sont traditionnellement ouverts de 8 heures à 20 heures, de recruter des citoyens de bonne volonté acceptant bénévolement, le plus souvent pendant deux dimanches successifs, de présider ou d'être assesseur dans un bureau de vote, ce qui exige leur présence pendant au moins une quinzaine d'heures, compte tenu des délais d'installation du bureau, de la surveillance continue des opérations électorales, puis du dépouillement des bulletins, de la centralisation des résultats à la mairie, etc. Il lui demande s'il ne serait pas possible de prévoir l'installation de machines à voter électroniques qui permettraient de réaliser de notables économies de papier en supprimant la nécessaire impression des bulletins de vote et des enveloppes destinées à les contenir, et qui présenteraient au surplus l'avantage de résoudre le problème toujours délicat du dépouillement, le résultat du scrutin étant fourni par la machine, sans aucun risque d'erreur, immédiatement après la fermeture du bureau de vote.
Réponse publiée le 28 mai 2001
L'usage d'urnes électroniques a été prévu par la loi n° 69-419 du 10 mai 1969. La première expérience menée à la suite de cette loi a été un échec en raison de défaillances répétées et d'un coût de maintenance très élevé. Les dernières machines de ce type ont disparu en 1986, alors même que les dix articles du code électoral qui y font référence demeurent en vigueur. L'article L. 57-1 du code électoral prévoit ainsi que le recours à de tels dispositifs peut être autorisé dans les bureaux de vote des communes de plus de 3 500 habitants figurant sur une liste fixée par décret en Conseil d'Etat. Les machines doivent avoir préalablement reçu l'agrément du ministre de l'intérieur, ce qui suppose qu'elles satisfassent à plusieurs conditions visant, notamment, à garantir le secret du vote. La fiabilité accrue des matériels considérés et les expériences menées depuis dans plusieurs Etats de l'Union européenne ont conduit le Gouvernement à envisager les conditions d'une nouvelle expérimentation en France. Cette démarche s'appuie sur les avantages, comme le fait remarquer l'honorable parlementaire, que peut présenter le vote électronique en termes de simplification de la préparation des scrutins et du déroulement des opérations de vote ainsi que de réduction de la durée du dépouillement et de la centralisation des résultats. Il pourrait constituer, en outre, une réponse adéquate aux difficultés rencontrées pour recruter des scrutateurs en nombre suffisant mais exigeront toutefois la présence d'un président de bureau de vote et d'assesseurs, certes en nombre plus restreint. Les modalités techniques d'une éventuelle procédure d'agrément sont aujourd'hui à l'étude par le ministère de l'intérieur afin de garantir que de telles procédures soient non seulement gages d'une réelle économie, mais aussi garantes de la sincérité et de la fiabilité des opérations électorales.
Auteur : M. Gilbert Gantier
Type de question : Question écrite
Rubrique : Élections et référendums
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Dates :
Question publiée le 26 mars 2001
Réponse publiée le 28 mai 2001