Question écrite n° 60383 :
ophtalmologistes

11e Législature

Question de : Mme Martine Aurillac
Paris (3e circonscription) - Rassemblement pour la République

Mme Martine Aurillac attire l'attention de M. le ministre délégué à la santé sur la question de l'insuffisance des effectifs dans certaines spécialités médicales. La situation est notamment préoccupante pour les ophtalmologistes. Or, depuis une dizaine d'années, les besoins de soins augmentent avec l'apparition de nouveaux moyens préventifs et thérapeutiques, le vieillissement de la population, les exigences accrues en termes de vision. Face à cette augmentation de la demande, le nombre d'ophtalmologistes diplômés chaque année décroît en raison de l'instauration de l'internat comme seule voie d'accès à cette spécialité et de la diminution programmée du nombre de postes de formateurs. Ainsi, dans certaines régions, le nombre des postes d'internes mis au concours en ophtalmologie a été divisé par deux. Les étudiants en cours de spécialité et les professionnels s'inquiètent de cette situation et souhaitent plus de médecins compétents pour prendre en charge cette évolution des problèmes de santé qui sont aujourd'hui insuffisamment pris en compte. En conséquence, elle lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures il entend prendre en compte rapidement pour répondre à l'insuffisance du nombre d'ophtalmologistes.

Réponse publiée le 28 mai 2001

Le rapport Polton du centre de recherche d'études et de documentation en économie de la santé (CREDES) a présenté l'analyse des différents éléments susceptibles d'intervenir dans l'évolution de la démographie médicale, compte tenu de la baisse de la démographie médicale, qui devrait s'accélérer à partir de 2007/2008. La répartition entre spécialistes et généralistes fait apparaître un nombre de spécialistes supérieur aux généralistes : le nombre de médecins en exercice début 1998 était de 191 500 (49 % de médecins généralistes et 51 % de médecins spécialistes). Cependant la baisse démographique est inégalement répartie sur les différentes spécialités et l'ophtalmologie est une des spécialités les plus concernées avec la pédiatrie et la gynécologie obstétrique notamment. De plus, on constate une augmentation des médecins salariés - la proportion de médecins exclusivement salariés parmi les médecins spécialistes a fortement augmenté passant de 26 à 50 % entre 1973 et 1999 - ainsi qu'une émergence des femmes dans la profession. De 14 % en 1968, le taux de féminisation est passé à 35 % pour les généralistes et à 36% pour les spécialistes au 1er janvier 1999. Enfin, il existe une intégrale répartition sur le territoire : d'importantes disparités départementales existent au sein des régions et sont plus marquées parmi les médecins généralistes libéraux. Devant ce constat, des mesures ont été prises sur le numerus clausus de l'examen de fin de première année des études médicales qui, après avoir été fixé à 3 700 pour l'année universitaire 1998/1999 a été porté à 3 850 pour l'année universitaire 1999/2000 et à 4 100 pur l'année universitaire 2000/2001. En ce qui concerne l'internat, trois filières nouvelles ont été créés, la gynécologie obstétrique et médicale, l'anesthésie et la pédiatrie. Mais il ne peut s'agir de la seule réponse à la situation de baisse démographique du corps médical tant au niveau national que départemental. C'est pourquoi, le ministre délégué à la santé a demandé à ses services, dans le cadre d'un groupe de travail ministériel consacré à l'avenir de la démographie médicale, de proposer des solutions permettant de faire face à cette évolution et d'atténuer les inégalités départementales. La préservation de la qualité du service rendu est une priorité du Gouvernement. Les conclusions de ce groupe qui seront remises au ministre chargé de la santé, serviront de base à une concertation large menée avec l'ensemble des professionnels de santé sur les solutions à mettre en oeuvre au cours des prochaines années, en particulier pour adapter les flux de praticiens formés aux besoins de la population et pour réduire les disparités régionales constatées au niveau de l'offre.

Données clés

Auteur : Mme Martine Aurillac

Type de question : Question écrite

Rubrique : Professions de santé

Ministère interrogé : santé

Ministère répondant : santé

Dates :
Question publiée le 23 avril 2001
Réponse publiée le 28 mai 2001

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