Question écrite n° 64699 :
artisans

11e Législature

Question de : M. Jacques Masdeu-Arus
Yvelines (12e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Jacques Masdeu-Arus appelle l'attention de M. le secrétaire d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce, à l'artisanat et à la consommation sur l'absence d'application de certaines dispositions de la loi du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat. Cette loi comporte pourtant des mesures particulièrement importantes pour les entreprises artisanales. Elle prévoit ainsi que de nombreuses activités doivent être exercées ou contrôlées par des personnes qualifiées (la compétence professionnelle et l'ancienneté sont prises en compte). Les secteurs concernés sont les suivants : l'entretien et la réparation de véhicules ; la préparation et la fabrication de produits frais de boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie, poissonnerie, glaces ; les soins esthétiques ; la réalisation de prothèses dentaires ; la construction, l'entretien et la réparation des bâtiments ; la mise en place des réseaux et des équipements utilisant des fluides ; l'entretien d'équipements destinés à l'alimentation en gaz, aux chauffages des immeubles et aux installations électriques. En votant une telle loi, le législateur a souhaité renforcer la qualification des artisans, pour deux raisons principales : d'une part, aider ces professionnels à pérenniser leurs activités, d'autre part offrir de meilleures garanties de sérieux et de qualité aux consommateurs. La loi du 5 juillet 1996 avait même été complétée par un décret d'application en date du 2 avril. Ce texte avait ainsi précisé les niveaux de qualification requis. Si le contrôle de ces dispositions légales a été confié à la DGCCRF et à la police judiciaire, on constate malheureusement qu'elles ne sont pas correctement appliquées. Cela pose de graves problèmes aux entreprises artisanales concernées qui estiment, à juste titre, ne pas être suffisamment soutenues et encadrées dans le développement de leurs activités. Confrontées à une vive concurrence, elles sont également pénalisées par l'insuffisance des aides existantes en matière de création d'entreprise. Il lui demande sa position à ce sujet.

Réponse publiée le 20 août 2001

Les conditions de la qualification professionnelle obligatoire exigée par la loi du 5 juillet 1996 ont été fixées par le décret n° 98-246 du 2 avril 1998, après avis du Conseil de la concurrence, de la commission de la sécurité des consommateurs, des assemblées consulaires et des organisations professionnelles. Aux termes de ce texte, les personnes qui exercent une activité soumise à la qualification professionnelle obligatoire doivent être soit titulaire d'un diplôme ou titre tel que le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) ou le brevet d'études professionnelles (BEP) ou un titre homologué de niveau égal ou supérieur, soit justifier d'une expérience professionnelle de trois années dans le métier exercé ou l'un des métiers relevant de l'activité concernée. Le dispositif, qui revient à déterminer pour chaque activité la qualification nécessaire à son exercice, a été jugé préférable à l'établissement d'une liste de diplômes et de titres par type d'activités qui manquerait de souplesse, étant donné la diversité des métiers concernés et des filières de formation et leur évolution rapide. Ce niveau de qualification et cette durée d'expérience professionnelle ont été considérés permettant de satisfaire à l'exigence de qualification professionnelle dans les conditions les moins restrictives possibles. L'exigence d'un niveau minimal de qualification plus élevé, comme par exemple le BEP, aurait été de nature à décourager la liberté d'entreprendre, principe que le législateur comme le Gouvernement ont entendu préserver. Une enquête menée durant l'année 2000 par les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a permis d'ailleurs de constater qu'une large part des professionnels étaient qualifiés et que cette qualification résultait dans la grande majorité des cas d'un CAP. Aux termes de la loi du 5 juillet 1996, le contrôle de la qualification professionnelle a été confié exclusivement aux agents de la DGCCRF, aux officiers et agents de la police judiciaire, et il s'effectue lors de l'exercice de l'activité. En outre, cette qualification ne constitue par une condition d'immatriculation au répertoire des métiers. Ces conditions ont, en effet, été énumérées de manière précise par la loi du 5 juillet 1996 : employer moins de dix salariés, exercer une activité professionnelle indépendante dans le secteur des métiers. Les chambres de métiers ne sont pas habilitées à effectuer un contrôle préalable de cette qualification lors de l'immatriculation au répertoire des métiers des personnes concernées par cette obligation légale. Cependant, le dispositif actuel permet aux chambres de métiers d'intervenir lors de l'installation d'entreprises qui ne rempliraient pas les conditions légales de qualification obligatoire. Elles peuvent informer les candidats à l'installation des sanctions pénales prévues par la loi qu'ils peuvent encourir en cas de non-respect des obligations légales de qualification, non seulement à l'installation, mais aussi en permanence dans tout le cours leur activité. L'attestation de validation de l'expérience professionnelle, qui est délivrée par le préfet, est destinée à permettre aux personnes concernées de pouvoir présenter un document attestant de leur expérience professionnelle lors d'un contrôle par les agents habilités au cours de l'exercice de l'activité. L'installation des personnes n'est donc pas soumise à la possession de cette attestation. Par ailleurs, le Premier ministre a confié à M. Didier Chouat, député des Côtes-d'Armor, et M. Jean-Claude Daniel, député de la Haute-Marne, une mission destinée à préparer les fondements d'un projet de loi d'orientation des petites entreprises et de l'artisant visant à apporter des améliorations à l'environnement des petites entreprises, notamment celles du secteur des métiers, et à favoriser leur développement. Ces deux parlementaires devraient remettre prochainement leur rapport au Premier ministre.

Données clés

Auteur : M. Jacques Masdeu-Arus

Type de question : Question écrite

Rubrique : Commerce et artisanat

Ministère interrogé : PME, commerce, artisanat et consommation

Ministère répondant : PME, commerce, artisanat et consommation

Dates :
Question publiée le 30 juillet 2001
Réponse publiée le 20 août 2001

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