Question écrite n° 6652 :
taux

11e Législature

Question de : M. Jacques Desallangre
Aisne (4e circonscription) - Radical, Citoyen et Vert

M. Jacques Desallangre souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la revendication des professionnels de la restauration traditionnelle, qui réclament depuis quelques années une baisse du taux de la TVA. Les produits à consommer sur place dans la restauration traditionnelle sont en effet taxés au taux de 20,6 %, alors que ceux de la restauration à emporter sont taxés au taux de 5,5 %, soit un écart de 15 points. Cette disparité génère de très fortes inégalités de concurrence. Alors que la restauration à emporter ne cesse de prendre de l'ampleur, le nombre de faillites d'entreprises dans le secteur de la restauration traditionnelle a été multiplié par 1,5 sur la période 1989-1995. L'indice du chiffre d'affaires en volume dans ce secteur a également traduit un repli de 25 % de l'activité par rapport à l'année 1990. Cette situation est préjudiciable à l'emploi puisque le secteur du tourisme, c'est-à-dire les hôtels, restaurants et cafés, a un gisement d'emplois important : il est le quatrième employeur privé avec 600 000 salariés. Ce constat a été confirmé par un rapport demandé en juin dernier par le Parlement européen. Ce dernier préconise l'application d'un « taux réduit aux activités liées au tourisme comme la restauration », et ce afin de corriger les « graves distorsions de concurrence générées par les dérogations liées au régime transitoire de TVA ». En conséquence, ne pourrait-on pas envisager un réajustement de la TVA au profit de la restauration traditionnelle, qui semble pâtir grandement de l'inégalité de traitement avec la restauration à emporter ? Il souhaiterait savoir dans quelle mesure une telle disposition pourrait être rapidement mise en oeuvre.

Réponse publiée le 19 janvier 1998

La directive n° 92/77 du 19 octobre 1992 relative au rapprochement des taux de TVA ne permet pas d'appliquer un taux de TVA autre que le taux normal à la restauration. Dans ces conditions, toutes les opérations de vente à consommer sur place sont, quel que soit leur forme, leur appellation ou l'établissement dans lequel elles sont réalisées, soumises au taux normal de la TVA. Seules les ventes à emporter de produits alimentaires ou de plats préparés bénéficient du taux réduit de la TVA. Cette différence s'explique par le fait qu'un restaurateur ne livre pas un produit mais assure une prestation caractérisée par la pluralité des services offerts aux clients. Seuls les Etats membres qui, au 1er janvier 1991, appliquaient à la restauration un taux réduit ont été autorisés à le maintenir à titre transitoire. En revanche, les pays qui, comme la France, appliquaient à cette date le taux normal ne peuvent pas appliquer un taux réduit. Il est rappelé que l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède appliquent aux opérations de vente à consommer sur place des taux de TVA compris entre 15 et 25 %. Il n'y a donc pas d'exception française dans ce domaine. Il n'est pas envisagé d'ajouter les opérations de ventes à consommer sur place à la liste des biens et services auxquels les Etats membres peuvent appliquer un taux réduit de TVA. En tout état de cause, une modification de la directive ne peut s'effectuer qu'à l'initiative de la Commission et requiert, s'agissant de la fiscalité, l'unanimité des Etats membres. En outre, cette mesure présenterait un coût budgétaire supérieur à 20 milliards de francs par an qui n'est pas compatible avec les contraintes budgétaires. Cela étant, le Gouvernement est très attentif à la situation du secteur de la restauration et examinera avec la plus grande attention, dans le cadre des contraintes budgétaires et communautaires déjà évoquées, les mesures qui pourraient lui être proposées.

Données clés

Auteur : M. Jacques Desallangre

Type de question : Question écrite

Rubrique : Tva

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 24 novembre 1997
Réponse publiée le 19 janvier 1998

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