travailleurs de la mine : montant des pensions
Question de :
M. Jean Gaubert
Côtes-d'Armor (2e circonscription) - Socialiste
M. Jean Gaubert souhaite attirer l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la situation des mineurs à la retraite dont les prestations vieillesse relèvent des régimes de la Caisse autonome nationale (CAN). Il apparaît en effet que le montant des pensions servies par la CAN a baissé sur les vingt dernières années puisque le niveau de pension servi en 1980, soit 2 350 francs pour 150 trimestres, était sensiblement équivalent au salaire minimum interprofessionnel de croissance alors que le SMIC est actuellement supérieur de 1 539 francs à la pension minière de même référence. Cette situation se traduit par une baisse importante du pouvoir d'achat de cette catégorie de retraités (de l'ordre de 10 %), sachant que ceux-ci se trouvent déjà parmi les plus modestes. Par ailleurs, le système de soins auquel les mineurs et leurs ayants droit ont accès connaît actuellement de grandes difficultés liées au départ d'un nombre de plus en plus important de praticiens non remplacés, aux restructurations ou encore à la proratisation des médecins, alors qu'il doit répondre aux besoins de santé grandissants d'une population vieillissante. Il souhaite donc savoir quelles sont les dispositions qu'elle compte prendre pour pallier les insuffisances de la couverture sociale des mineurs et de leurs familles.
Réponse publiée le 28 janvier 2002
Comme il s'y était engagé en décembre 2000, le Gouvernement a procédé à une concertation avec les organisations syndicales minières pour une amélioration du niveau des retraites minières de base, afin de rattraper le décrochage du régime minier par rapport à celui du régime général. En effet, depuis 1987, les modes d'évolution des deux régimes ont divergé, les pensions moyennes du régime général continuant à bénéficier de l'augmentation des salaires moyens pour les générations successives, alors que le pouvoir d'achat des pensions minières pour chaque générations successives n'augmentait que des seuls coups de pouce. Les négociations ont abouti, le jeudi 27 septembre 2001, à un protocole d'accord, signé par trois des cinq organisations syndicales. Cet accord va dans le sens de ce que souhaitaient les organisations syndicales dans leur demande commune de mai 2001 en répondant positivement sur trois points fondamentaux de la négociation : 1. Une revalorisation générale de 1,5 % applicable rétroactivement au 1er janvier 2001 pour les 400 000 retraités et veuves de retraités du régime minier, cela pour répondre au principe fondateur de solidarité interhiérarchique et intergénérationnelle du régime minier (cette revalorisation n'est que de 0,5 point inférieure à la demande des organisations syndicales). 2. Une revalorisation sous forme de trimestres de pension supplémentaires, variant de 0,5 % pour la génération 1987 à 17 % pour la génération partie à la retraite en 2001 ; cette mesure est destinée à prendre en compte de manière spécifique le décalage avec le régime général pour les pensions ayant pris effet à compter de 1987 ; le calcul de cette revalorisation repose sur un principe d'équité : 0,5 point pour la génération qui a subi le plus faible décalage à 17 points pour celle qui a subi le plus fort décalage ; elle sera financée par les réserves mobilisables de la caisse de retraite, la CANSSM, ainsi qu'en a décidé son conseil d'administration réuni le 7 novembre dernier. 3. Une mesure préservant de toute nouvelle dérive pour les futurs retraités, qui assure la revalorisation des droits des futurs retraités en fonction de leur date de départ à la retraite, de 17 %, majoré chaque année du décalage entre salaire moyen par tête et inflation. L'ensemble de ces mesures concerne près de 400 000 retraités, la mesure de rattrapage bénéficiant plus particulièrement aux 60 000 retraités qui ont pris leur retraite depuis 1987, car ceux-ci ont fortement subi le décrochage par rapport au régime général. Les veuves de mineurs bénéficieront de l'ensemble de ces mesures. Le pouvoir d'achat des pensions de réversion a par ailleurs été revalorisé de 5,3 % entre 1997 et 2001, compte tenu des coups de pouce donnés aux pensions et de la hausse du taux de réversion, porté de 52 % à 54 % au 1er juillet 1998. Enfin, le caractère égalitaire du régime minier n'est nullement remis en cause, car les revalorisations, qui sont d'un montant variable selon les dates de départ à la retraite, seront effectuées sous la forme de trimestres supplémentaires. La valeur unique du trimestre de retraite ne sera donc pas remise en cause et demeurera le fondement du régime de base des mineurs. Comme c'est souvent le cas en matière de négociation sociale, l'accord du 27 septembre 2001 ne répond pas complètement aux revendications de toutes les organisations syndicales. Toutefois, il constitue une avancée substantielle pour les mineurs retraités et exprime nettement la reconnaissance des pouvoirs publics à leur endroit.
Auteur : M. Jean Gaubert
Type de question : Question écrite
Rubrique : Retraites : régimes autonomes et spéciaux
Ministère interrogé : emploi et solidarité
Ministère répondant : emploi et solidarité
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 21 janvier 2002
Dates :
Question publiée le 15 octobre 2001
Réponse publiée le 28 janvier 2002