Nicaragua
Question de :
M. François Asensi
Seine-Saint-Denis (11e circonscription) - Communiste
M. François Asensi souhaite attirer l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la famine qui commence à se développer dans le nord du Nicaragua et dans certaines régions d'Amérique centrale déjà touchées il y a trois ans par l'ouragan Mitch. Un média américain évoque un million et demi de personnes menacées par la famine en Amérique centrale à la suite d'une longue sécheresse et de pertes considérables dans la récolte de maïs. Un rapport du PNUD indique que le Nicaragua connaît le taux de malnutrition le plus élevé d'Amérique latine avec une personne sur trois qui en souffre. A cette sécheresse s'ajoute la chute libre des cours du café. Des fermetures d'exploitations ont entraîné l'expulsion de nombreux ouvriers agricoles. Des milliers de familles dont la survie ne dépend que de la caféiculture sont confrontées au chômage et à la disette. La sécheresse n'a fait qu'aggraver la situation précaire de 70 000 familles qui vivent avec un salaire moyen de 15 cordobas par mois (un dollar). En outre, sur la région Atlantique, des milliers d'Indiens ont été victimes de fortes inondations. Esteli, ville jumelée avec Evry, s'est déclarée en situation d'urgence alimentaire. Le nord du pays, notamment, apparaît dans une grande précarité alimentaire. Il faut rappeler les liens particuliers qui unissent le Nicaragua à la France. Des centaines de Français parmi les milliers d'Européens se sont engagés dans la coopération et la solidarité avec le Nicaragua lorsque ce pays a amorcé de fortes réalisations sociales, éducatives et sanitaires en faveur de sa population. Certains d'entre eux ont perdu la vie dans les attentats qui ont souvent touché les campagnes à cette époque. Ils ont généralement laissé leur nom à des équipements scolaires ou sanitaires. Des familles mixtes, des enfants, des échanges, des coopérations plus formelles sont nés de cette relation particulière entre nos deux pays. Ce pays est probablement celui en Amérique latine vers lequel les villes et les associations françaises ont noué les relations les plus nombreuses et les plus riches : Champigny-sur-Marne avec Jalapa, Evry avec Esteli, Lutterbach avec Dario, La Courneuve avec Ocotal, Fougères avec Somoto, Vaux-en-Velin avec Sebaco, Gennevilliers avec Cinco-pino, Bouguenais avec La Dalia, etc. Il lui demande quelles initiatives particulières il envisage pour affirmer et favoriser la solidarité française dans la situation d'urgence alimentaire où se trouve le Nicaragua.
Réponse publiée le 10 décembre 2001
L'Amérique centrale a été particulièrement touchée ces dernières années par une série de castastrophes qui ont engendré des risques de famine avérés. Il y a trois ans, l'ouragan Mitch avait causé des dégâts considérables dans cette région, en particulier au Nicaragua et au Honduras. La communauté internationale s'était mobilisé pour venir en aide aux populations sinistrés et la France avait pris toute sa part à cette action humanitaire. Cette année, alors que la région n'a pas fini de penser ses plaies, la chute drastique des cours du café a ruiné les petits exploitants et incité les propriétaires les plus importants à suspendre la récolte, laissant ainsi les ouvriers agricoles journaliers sans emploi et donc sans autre ressource que la culture vivrière. C'est dans ce contexte que la sécheresse a frappé très durement le nord du Nicaragua ainsi que d'autres régions d'Amérique centrale, entraînant une perte de plus de 50 % des récoltes de maïs et de haricots rouges, deux produits qui constituent l'essentiel de l'alimentation de ces régions rurales. Les effets conjugués de la sécheresse et de la chute des cours du café ont menacé de famine 700 000 personnes, sur l'ensemble de la région, selon les estimations du programme alimentaire des Nations unies (PAM). La France fournira au Nicaragua une aide alimentaire de 3 000 tonnes qui complétera l'action d'urgence alimentaire engagée par le PAM sur l'ensemble de la région. Parallèlement, l'Union européenne a débloqué 2,3 Meuros pour une action humanitaire destinée essentiellement au Nicaragua, au Honduras et au Guatemala. Enfin, la Banque interaméricaine de de développement (BID), au sein de laquelle la France est présente, a décidé de consacrer à ce pays une partie d'un prêt 6 MUSD signé en août et 3,9 MUSD de ressources supplémentaires à l'assistance aux paysans affectés par la sécheresse. Grâce à ces actions de la communauté internationale auxquelles la France a pris toute sa part, la situation s'est améliorée et l'ambassade de France à Managua, qui a été très présente sur le terrain, continue de suivre la situation alimentaire de ce pays.
Auteur : M. François Asensi
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 12 novembre 2001
Réponse publiée le 10 décembre 2001