fonctionnement
Question de :
M. Robert Hue
Val-d'Oise (5e circonscription) - Communiste
M. Robert Hue attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les moyens mis à la disposition des services de la police nationale pour retrouver les enfants qui disparaissent chaque année sans laisser de trace et pour lutter efficacement contre les réseaux pédocriminels. Dans la réponse donnée le 20 novembre dernier à une question de M. Bernard Birsinger, la garde des sceaux, ministre de la justice, Mme Marylise Lebranchu reconnaissait que, parmi les 34 500 mineurs ayant fugué durant l'année 2000, seuls 33 700 avaient été retrouvés. A cela, elle ajoutait que sur les 800 enfants non retrouvés, certains auraient sans doute été reccueillis par des réseaux. Ce chiffre considérable, particulièrement inquiétant, a suscité l'émoi légitime de nombreuses associations de lutte contre la pédocriminalité qui souhaitent aujourd'hui connaître les moyens mis à la disposition des différents services - de police, de gendarmerie, de la justice - pour tenter de retrouver le plus grand nombre de ces enfants. Il lui demande s'il entend déployer des moyens exceptionnels pour donner aux services de la police nationale toutes les chances de succès dans les enquêtes qui visent à retrouver les mineurs disparus et à lutter contre le fléau particulièrement abject que constitue la pédocriminalité.
Réponse publiée le 1er avril 2002
Les chiffres évoqués par l'honorable parlementaire, bien qu'extraits du fichier des personnes recherchées, n'ont pas de valeur statistique puisqu'ils reflètent l'activité des services de la police nationale et de la gendarmerie nationale (cf. tableaux ci-dessous). Dès lors, la différence entre les inscriptions et les cessations de recherches ne peut servir d'instrument de mesure au nombre de disparitions inexpliquées de mineurs. En effet, des mineurs demeurent signalés disparus alors qu'ils ont réintégré le domicile familial sans que les parents aient avisé les services de police, comme l'exige l'article 6 de la loi du 21 janvier 1995. Le fichier des personnes recherchées n'est pas un fichier de statistiques annuelles, mais un fichier de police alimenté en continu ; aussi, des mineurs inscrits une année peuvent n'être retrouvés - et donc radiés du fichier - que l'année suivante. Quant aux réseaux de « pédopornographie », les enquêtes réalisées tendent à démontrer qu'il s'agit de réseaux de connaissances échangeant leurs renseignements ou leurs supports de pornographie enfantine, différents des réseaux constitués dans le milieu de la criminalité organisée faisant appel à une structure pyramidale hiérarchisée à but lucratif. Les atteintes sexuelles sur les mineurs sont dans leur grande majorité commises dans un cercle familial plus ou moins élargi, ou dans le cadre d'une relation basée sur l'autorité, tels l'école, les centres de loisirs ou d'autres institutions. La loi du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles et à la protection des mineurs a renforcé la répression des infractions sexuelles, spécialement quand celles-ci sont commises à l'encontre des mineurs. Le Parlement a de ce fait placé la France parmi les pays dotés de la législation la plus avancée en matière de lutte contre la délinquance et la criminalité sexuelles, ainsi que de prévention de ces infractions. Au plan opérationnel, la direction centrale de la police judiciaire s'est dotée, en 1997, d'un groupe spécialisé de lutte contre les atteintes sexuelles sur mineurs qui vient renforcer les structures locales déjà mises en place par la direction générale de la police nationale et la direction générale de la gendarmerie nationale. Ce groupe spécialisé a été chargé de créer une documentation informatisée d'indexation et de recherche automatique par le contenu de l'image, qui permettra l'indexation des supports pornographiques impliquant des mineurs ainsi que la recherche automatique, en temps réel, à partir d'une image suspecte saisie lors d'une opération judiciaire. Ce système, en voie de finalisation, permettra le traitement rapide d'un nombre illimité d'images et l'identification des auteurs et des victimes de telles infractions. Parallèlement, un plan élaboré par un groupe de travail interministériel (justice, défense, intérieur) sous l'égide du ministère de l'intérieur s'articule autour des axes suivants : amélioration de l'accueil et de l'écoute pour chaque cas signalé, meilleure coordination des enquêtes au niveau local et au niveau central, moyens supplémentaires mis à la disposition des policiers et des gendarmes afin de faciliter leur travail. Ainsi, un pôle de policiers spécialisés fédéré par un correspondant départemental sera institué dans chaque département, ce dernier constituant l'interlocuteur privilégié des familles et des associations. Un effort important de sensibilisation et de formation des personnels de police sera également entrepris, dans les écoles de police au stade de la formation initiale, ou dans le cadre de la formation continue des policiers dans leurs fonctions de proximité. Un office central chargé des disparitions inquiétantes de personnes mineures ou majeures sera créé pour réaliser, au plan national, la centralisation des informations opérationnelles indispensable à l'efficacité des recherches, et pour assurer, au plan international, une liaison avec les pays étrangers. De même, des fonctionnalités nouvelles seront données au fichier des personnes recherchées afin d'affiner les éléments de signalement des personnes disparues, d'y intégrer leur photographie et les données précises d'identification, tel que l'odontogramme, c'est-à-dire la description dentaire. Enfin sont proposés un renforcement des dispositions de l'article 26 de la loi d'orientation et de programmation sur la sécurité du 21 janvier 1995, constituant le cadre juridique de l'enquête administrative de disparition inquiétante de personne, et l'insertion de deux articles dans le code de procédure pénale autorisant l'ouverture d'une enquête judiciaire, voire d'une information judiciaire, pour rechercher les causes d'une disparition inquiétante. Les fugues des mineurs. - Année 1999
FUGES de mineurs | SERVICE émetteur | SEXE | AGE | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PN | GIE | F | M | G - 15 ans | G + 15 ans | F -15 ans | F + 15 ans | |
| Inscriptions FPR | 23 698 | 8 242 | 16 028 | 15 912 | 5 250 | 10 662 | 4 433 | 11 595 |
| Total | 31 940 | |||||||
Cessations FPR | 23 390 | 8 103 | 7 628 | 7 900 | 2 794 | 5 106 | 2 039 | 5 589 |
| Total | 31 493 Année 2000 | |||||||
FUGES de mineurs | SERVICE émetteur | SEXE | AGE | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PN | GIE | F | M | G - 15 ans | G R 15 ans | F - 15 ans | F + 15 ans | |
| Inscriptions FPR | 25 566 | 8 889 | 16 624 | 17 831 | 5 453 | 11 171 | 5 274 | 125 575 |
| Total | 34 455 | |||||||
Cessa- tions FPR | 24 830 | 8 819 | 15 757 | 17 892 | 5 436 | 10 321 | 5 252 | 12 640 |
| Total | 33 649 Les disparitions inquiétantes. - Année 1999 | |||||||
DISPARITIONS inquiétantes | SERVICE émetteur | SEXE des majeurs | AGE ET SEXE des mineurs | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PN | GIE | F | M | G - 15 ans | G R 15 ans | F - 15 ans | F R 15 ans | |
| Inscriptions FPR | 3 964 | 2 146 | 3 385 | 2 443 | 90 | 55 | 78 | 59 |
| Total | 6 110 5 828 145 137 | |||||||
Cessations FPR | 3 803 | 2 117 | 3 274 | 2 488 | 56 | 22 | 47 | 33 |
| Total | 5 920 5 762 78 80 Année 2000 | |||||||
DISPARITIONS inquiétantes | SERVICE émetteur | SEXE des majeurs | AGE ET SEXE des mineurs | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PN | GIE | F | M | G - 15 ans | G + 15 ans | F - 15 ans | F + 15 ans | |
| Inscriptions FPR | 4 386 | 2 179 | 2 525 | 3 759 | 57 | 83 | 68 | 73 |
| Total | 6 565 6 284 140 141 | |||||||
Cessations FPR | 4 358 | 2 116 | 3 650 | 2 649 | 44 | 48 | 54 | 29 |
| Total | 6 474 6 299 92 83 | |||||||
Auteur : M. Robert Hue
Type de question : Question écrite
Rubrique : Police
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Dates :
Question publiée le 17 décembre 2001
Réponse publiée le 1er avril 2002