Question écrite n° 8701 :
programmes

11e Législature

Question de : Mme Christine Lazerges
Hérault (3e circonscription) - Socialiste

Mme Christine Lazerges attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur l'enseignement de l'occitan dans l'académie de Montpellier. L'ouverture prévue cette année de postes en quantité suffisante au CAPES nous rassure sur l'enseignement dans le deuxième degré. En revanche, le manque de moyens mis à disposition dans le premier degré continue à nous préoccuper. En effet, l'ouverture de postes de conseillers pédagogiques ou maîtres formateurs départementaux, ainsi que l'ouverture de postes étiquetés « occitan » dans les écoles, demeurent des conditions nécessaires pour un enseignement bilingue français occitan de qualité. C'est pourquoi elle lui demande quels sont les moyens que le ministère prévoit de mettre en oeuvre pour renforcer cet enseignement dans la région.

Réponse publiée le 6 avril 1998

La politique mise en place pour développer l'enseignement des langues et cultures régionales se fonde sur l'existence d'un dispositif législatif et réglementaire qui lui a conféré un statut reconnu à tous les niveaux de la scolarité, et notamment à l'école primaire. Ainsi, la loi n° 51-46 du 11 janvier 1951 a donné la possibilité au système éducatif de mettre en place un enseignement de langues régionales dans les régions où elles sont en usage. Le dispositif et la méthodologie de cet enseignement ont été explicités respectivement par les circulaires n° 82-261 du 21 juin 1982 et n° 83-547 du 30 décembre 1983. Ces modalités ont été actualisées et précisées par la circulaire n° 95-86 du 7 avril 1995. L'enseignement en matière de langues et cultures régionales est dispensé à la demande des parents et sur la base du volontariat des maîtres. L'académie de Montpellier a la particularité d'offrir l'enseignement de deux langues régionales, l'occitan et le catalan. Alors que, dans le premier degré, cette dernière est enseignée dans le département des Pyrénées-Orientales, l'occitan l'est dans les quatre autres départements de l'académie. Ainsi, globalement, en 1996-1997 pour le niveau scolaire considéré, pour les départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et de la Lozère, 8 807 élèves ont bénéficié d'une initiation à l'occitan assurée par 392 enseignants. Ceux-ci sont principalement les maîtres des écoles où cet enseignement est proposé. Dans chaque département, un instituteur maître formateur (IMF), option occitan, assure la formation et le soutien aux enseignants qui mettent en parce cet apprentissage. La mise en oeuvre, au niveau départemental, du projet pédagogique de premier degré pour l'occitan, dans l'académie de Montpellier, relève de la compétence des inspecteurs d'académie concernés, directeurs des services départementaux de l'éducation nationale. Ils apprécient l'opportunité d'offrir cet enseignement dans une classe, en fonction des demandes des familles, mais aussi des ressources financières et humaines, notamment en maîtres compétents, dont ils disposent dans le cadre des priorités leur incombant pour l'année scolaire. Si, de manière générale, le développement de l'initiative aux langues régionales a été sensible ces dernières années, celui du bilinguisme français-langue régionale reste plus progressif. En effet, il nécessite plus de maîtres, et davantage spécialisés, que l'enseignement classique. Le Premier ministre a confié à madame Nicole Péry, députée des Pyrénées-Atlantiques, une mission d'information sur les langues régionales, qui va nous permettre d'annoncer, en concertation avec elle, des mesures pour la rentrée scolaire 1998. Il n'existe pas actuellement un vivier suffisant d'étudiants passant le concours de professeur des écoles avec une option en occitan. Créer le vivier reste la première des taches pour résoudre le problème évoqué.

Données clés

Auteur : Mme Christine Lazerges

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement maternel et primaire

Ministère interrogé : éducation nationale, recherche et technologie

Ministère répondant : éducation nationale, recherche et technologie

Dates :
Question publiée le 12 janvier 1998
Réponse publiée le 6 avril 1998

partager