Question écrite n° 100028 :
Pays-Bas

12e Législature

Question de : Mme Marcelle Ramonet
Finistère (1re circonscription) - Union pour un Mouvement Populaire

Mme Marcelle Ramonet appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur le projet de création aux Pays-Bas d'un parti politique, le NVD « Amour du prochain », qui entend légaliser la pédophilie. Si l'organisation politique interne aux États membres de l'Union relève de la souveraineté nationale, il n'en demeure pas moins vrai que l'ensemble des démocrates ont le devoir de réagir lorsque les fondements même, des valeurs universelles sont en cause. Ainsi ce parti politique, s'il voit effectivement le jour, est porté par M. Ad Vandenberg, ancien président d'une association (Marthijn) défendant le principe de relations sexuelles entre adultes et enfants. Elle l'informe que le NVD entend notamment abaisser l'âge de la majorité sexuelle à douze ans, permettre à des enfants de cet âge de jouer dans des films à caractère sexuel et légaliser la détention de matériel pornographique les impliquant. Elle lui indique que non content de prôner de telles abjections, l'initiateur de ce projet pousse le cynisme jusqu'à prévoir qu'une instance officielle serait chargée de vérifier que les « jeunes acteurs » n'ont pas subi de contraintes... Elle souhaite dès lors que la France émette les plus vives protestations auprès des autorités néerlandaises et qu'elle saisisse l'Union européenne afin que des dispositions à l'échelle de l'Union soient prises pour interdire ce type d'initiative contraire à la dignité humaine.

Réponse publiée le 12 décembre 2006

Après avoir fondé le 31 mai 2006 l'association « Pour l'amour du prochain, la liberté et la diversité » (NVD), M. Ad Vandenberg, ancien président de l'association Marthijn, a créé un parti politique du même nom militant pour que la majorité sexuelle soit abaissée à douze ans. Malgré les protestations de la presse et de certains parlementaires, le parquet de La Haye n'a pas estimé opportun de saisir les juridictions compétentes aux fins d'interdiction et de dissolution de ce parti aux motifs que le fait de vouloir solliciter du Parlement une modification des lois tendant à autoriser des relations pédophiles ne constituait pas un délit pénalement répréhensible. Le ministère de la justice n'a, quant à lui, pas pris de position officielle sur ce dossier, estimant qu'il relevait de la compétence judiciaire. De son côté, le président du parti pour la liberté, M. Geert Wilders, a indiqué vouloir saisir le ministre de la justice pour faire interdire ce parti ; à défaut, il déposerait, si cela était possible, un projet de loi en ce sens. Quoi qu'il en soit, ce parti ne peut se présenter aux élections législatives aux Pays-Bas qu'à la condition d'obtenir les parrainages nécessaires. Il convient de rappeler que les Pays-Bas sont liés, au même titre que la France, à un certain nombre d'engagements internationaux et européens qui illustrent notre commun attachement aux valeurs humanistes. Parmi ces engagements, figurent : d'une part la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989 émanant de l'Organisation des Nations unies (ONU), signée et ratifiée par cent quatre-vingt-onze pays dont la France et les Pays-Bas, d'autre part, la Charte européenne des droits fondamentaux de l'Union européenne, signée et proclamée par les présidents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission lors du Conseil européen de Nice le 7 décembre 2000. Outre ces textes de référence, le traité d'Amsterdam, entré en vigueur le 1er mai 1999, crée « un espace de liberté, de sécurité et de justice » à l'intérieur de l'Union. Parmi les domaines où, dans un cadre intergouvernemental, les pays renforcent leurs actions de coopération, figure la lutte contre la pédophilie. Cet important dispositif, qui se justifie par l'actualité de ces dernières années, a été renforcé récemment par l'approbation des députés européens, lors de la session à Bruxelles des 31 mai/1er juin 2006, d'une proposition qui vise à renforcer la législation protégeant les enfants contre les auteurs de délits sexuels en Europe. L'objectif est de faire en sorte que, lorsqu'un tribunal prononce - à la suite de voies de fait à caractère sexuel à l'égard d'enfants ou de pédopornographie - une interdiction d'exercer une activité en rapport avec des enfants, cette interdiction soit applicable non seulement dans l'État membre qui l'a décrétée, mais dans tout autre État membre. La réunion à Athènes du 26 au 28 septembre 2006 de l'ENOC (European Network of Ombudsmen for Children), réseau européen des médiateurs homologués, a rappelé l'ensemble de ces principes et contribué à renforcer la lutte contre la pédophilie.

Données clés

Auteur : Mme Marcelle Ramonet

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Dates :
Question publiée le 18 juillet 2006
Réponse publiée le 12 décembre 2006

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